Le bilan 2025 de la délinquance en Polynésie française révèle une réalité contrastée : les vols reculent, mais les violences intrafamiliales et les infractions liées aux stupéfiants progressent nettement, poussant l’État à renforcer son action.
Présenté à Papeete par le haut-commissaire Alexandre Rochatte, le rapport annuel met en évidence une baisse de 2,2 % des atteintes aux biens, avec 3 725 faits recensés. Les cambriolages et les vols de véhicules diminuent respectivement de près de 7 % et 10 %. Le taux d’élucidation atteint 32 %, soit bien au-dessus de la moyenne nationale. Un signal encourageant qui confirme l’efficacité d’une présence policière accrue et d’une stratégie assumée de fermeté.
En revanche, la situation demeure préoccupante sur le front des violences. Plus de 5 200 victimes ont été enregistrées en 2025, en hausse de 15 % sur un an. Près de 3 000 cas concernent des violences intrafamiliales, dont une large part dans le cadre conjugal. Derrière ces chiffres, un facteur revient de manière récurrente : la consommation d’alcool et de stupéfiants.
Violences intrafamiliales : un défi social majeur
Les services judiciaires soulignent la difficulté d’accompagner les victimes, faute de structures d’hébergement suffisantes pour les femmes en danger. Cette carence fragilise la mise en œuvre d’une politique pénale efficace et rappelle la nécessité d’un engagement plus structuré des pouvoirs publics locaux.
Les violences sur mineurs mobilisent également fortement les magistrats et les enquêteurs. Ces dossiers complexes exigent des compétences spécialisées et des moyens adaptés. Dans une part significative des situations traitées, la drogue est présente. Selon le parquet, un tiers des personnes incarcérées sont impliquées dans des affaires liées aux stupéfiants.
Sur ce terrain, l’action des forces de l’ordre s’intensifie. En 2025, 3 400 infractions à la législation sur les stupéfiants ont été constatées, soit une hausse de près de 33 %. Les autorités revendiquent ce chiffre comme le résultat d’une pression accrue sur les trafics. Plus de 25 000 plants de cannabis ont été détruits et 1,5 tonne saisie. Les drogues de synthèse ne sont pas en reste, avec plus de 60 kilos d’ice et près de 2 kilos de cocaïne interceptés, destinés au marché local.
Frapper les trafiquants au portefeuille
La stratégie évolue vers une approche plus offensive sur le plan financier. Les avoirs criminels saisis ont progressé de près de 80 % en un an, atteignant plus de 500 millions de francs. L’objectif affiché pour 2026 est clair : tarir les flux financiers et s’attaquer au blanchiment d’argent pour priver les réseaux de leurs ressources.
Sur le front routier, les accidents augmentent de 8 %, même si le nombre de morts diminue légèrement. Les hommes représentent 80 % des victimes, principalement sur les zones les plus peuplées de Tahiti et Moorea.
Face à ces défis, l’État renforce sa présence, multiplie les contrôles et développe les partenariats avec les communes, les établissements scolaires et les acteurs économiques. Dans un territoire confronté à la pression des trafics et aux tensions sociales qu’ils alimentent, la restauration durable de l’ordre public demeure une condition essentielle de la stabilité et du développement.




