Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie appelle à une vigilance immédiate face à la reprise de la circulation du virus de la dengue. Après une année 2025 marquée par une situation sanitaire exceptionnellement maîtrisée, plusieurs cas ont été confirmés depuis début janvier, faisant craindre un retour de l’épidémie, notamment dans les zones non couvertes par le dispositif Wolbachia.
Dans un contexte régional toujours fortement exposé, les autorités sanitaires estiment que le risque n’est plus théorique. Depuis deux semaines, le virus circule de nouveau sur le territoire calédonien. Des cas avérés ont été recensés à partir du 6 janvier 2026, signe que la dengue n’est plus cantonnée aux frontières mais bien présente localement. Cette reprise intervient alors que les conditions climatiques estivales, chaleur et eaux stagnantes, favorisent la prolifération du moustique Aedes aegypti, principal vecteur de la maladie.
L’exécutif calédonien souligne que certaines communes demeurent particulièrement vulnérables, faute de déploiement du programme Wolbachia. Dans ces zones, la transmission du virus peut se faire sans frein, d’autant plus que les déplacements liés aux vacances et aux échanges intercommunaux multiplient les risques de diffusion rapide, de la Grande Terre aux îles.
Une réussite sanitaire à consolider par la responsabilité collective
Si l’alerte est prise au sérieux, c’est aussi parce que la Nouvelle-Calédonie avait jusqu’ici réussi à se démarquer. En 2025, seuls 22 cas de dengue avaient été enregistrés, alors que la région Pacifique faisait face à des dizaines de milliers de contaminations, de Fidji à la Polynésie française. Cette performance reposait sur une stratégie claire, fondée sur la science, l’anticipation et l’efficacité des politiques publiques.
Le programme Wolbachia, soutenu par les autorités et les services de l’État, a joué un rôle déterminant, notamment dans le Grand Nouméa, où une large majorité des moustiques est désormais incapable de transmettre le virus. À cela s’est ajoutée une gestion rigoureuse des flux de voyageurs, concentrant les efforts de prévention dans les zones de forte mobilité, ce qui a permis de protéger l’ensemble du territoire.
Aujourd’hui, ce modèle vertueux doit être renforcé par le civisme et la responsabilité de chacun. La lutte contre la dengue passe avant tout par des gestes simples, l’entretien des jardins, l’élimination des eaux stagnantes et une attention particulière aux symptômes. Les autorités rappellent également l’importance de consulter rapidement en cas de fièvre et d’éviter toute automédication dangereuse.
Face à ce risque sanitaire, la réponse ne peut être ni idéologique ni laxiste. Elle repose sur l’autorité des pouvoirs publics, la continuité des politiques de prévention et l’engagement de la population. La Nouvelle-Calédonie a démontré qu’elle pouvait contenir la dengue. Il lui appartient désormais de ne pas relâcher ses efforts pour préserver cette stabilité sanitaire durement acquise.




