La justice tranchera le 25 mars prochain. Le tribunal judiciaire de Paris a examiné, jeudi 15 janvier, la plainte en diffamation déposée par Christian Tein contre Sonia Backès, à la suite de propos tenus en septembre 2024 sur le leadership du FLNKS, en pleine crise insurrectionnelle en Nouvelle-Calédonie. Le jugement a été mis en délibéré.

L’affaire trouve son origine dans une interview accordée par Sonia Backès, présidente de la province Sud et figure du camp loyaliste, au début du mois de septembre 2024. Quelques jours après l’élection de Christian Tein à la tête du Front de libération nationale kanak et socialiste, elle évoquait une scission du mouvement indépendantiste et qualifiait celui qui venait d’en prendre la présidence de « chef des terroristes ». Des propos tenus dans un contexte de violences graves ayant secoué la Nouvelle-Calédonie durant plusieurs mois.

Des propos politiques dans un climat de violences inédites

Au moment de ces déclarations, Christian Tein était placé en détention provisoire en métropole, à Mulhouse, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après les émeutes. Estimant que ces paroles portaient atteinte à son honneur, il a décidé de poursuivre Sonia Backès pour diffamation. Le dossier a été examiné par le tribunal de Paris, à la veille d’une nouvelle réunion institutionnelle consacrée à l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.

L’audience s’est déroulée sans la présence physique de la responsable loyaliste, retenue à Paris pour participer aux discussions organisées à l’Élysée. Christian Tein, de son côté, est intervenu par visioconférence depuis Nouméa. Une configuration commentée par la défense du plaignant, qui estime que cette procédure a déjà permis, selon ses termes, de remettre en cause la portée des accusations formulées publiquement.

Indépendantisme, justice et responsabilité politique

L’avocat de Christian Tein a insisté sur le fait que son client est actuellement placé sous contrôle judiciaire et autorisé à circuler librement en Nouvelle-Calédonie, rappelant le principe fondamental de la présomption d’innocence. Il a également souligné sa participation aux discussions institutionnelles, présentée comme la preuve d’un engagement politique qu’il qualifie de pacifique.

Les avocats de Sonia Backès, pour leur part, n’ont pas souhaité commenter l’audience. Reste que cette affaire judiciaire dépasse le simple cadre d’un contentieux en diffamation. Elle s’inscrit dans un affrontement politique majeur entre les défenseurs de l’unité nationale et un mouvement indépendantiste dont les ambiguïtés face aux violences ont profondément marqué l’opinion.

Dans un territoire français confronté à une remise en cause frontale de l’autorité de l’État, la parole publique des responsables politiques ne peut être dissociée du contexte sécuritaire. Le jugement attendu fin mars sera scruté de près, tant pour ses implications juridiques que pour le signal politique qu’il enverra, à l’heure où la République cherche à rétablir durablement l’ordre, la stabilité et la clarté institutionnelle en Nouvelle-Calédonie.

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