La disparition de deux enfants originaires de Papaïchton, censés être placés en famille d’accueil à Maripasoula, continue de susciter de lourdes interrogations en Guyane. Malgré des annonces contradictoires, aucune confirmation officielle et détaillée n’a, à ce stade, permis de dissiper les doutes. Le syndicat Force Ouvrière renouvelle sa demande d’intervention de l’État et réclame une enquête approfondie sur les dysfonctionnements de la protection de l’enfance.
Les faits remontent au vendredi 12 décembre, lorsque les deux mineurs ont quitté Papaïchton pour Maripasoula, après avoir été remis à un chauffeur sur la piste reliant les deux communes. Depuis, les circonstances exactes de leur prise en charge, de leur transport et de leur suivi administratif demeurent floues. L’absence de communication claire des autorités alimente l’inquiétude, tant sur l’organisation logistique que sur la chaîne de responsabilité institutionnelle.
Rapidement, plusieurs responsables publics se sont saisis du dossier. L’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira a publié un communiqué dès le 15 décembre pour interroger les autorités. Le lendemain, un député de Guyane a adressé une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur, dénonçant des défaillances graves dans le dispositif de protection de l’enfance. Quelques jours plus tard, la sénatrice Marie Laure Phinera Horth annonçait que les enfants auraient été retrouvés, tout en soulignant que cette issue ne devait pas masquer la gravité des manquements constatés.
FO réclame une enquête de l’État sur la protection de l’enfance
Dans ce contexte tendu, le syndicat Force Ouvrière des assistants maternels et familiaux a décidé de hausser le ton. Par courrier adressé au préfet de Guyane, FO demande le déclenchement d’une mission de l’Inspection générale des affaires sociales afin d’évaluer en profondeur le fonctionnement de la protection de l’enfance sur le territoire. Une demande renouvelée le 24 décembre, faute de réponses jugées satisfaisantes.
Le syndicat, membre de la Commission consultative paritaire territoriale, rappelle qu’il participera à une réunion prévue le mercredi 7 janvier 2026 à la Cité administrative territoriale de la Collectivité territoriale de Guyane. Mais FO estime que cette échéance ne saurait suffire à lever les zones d’ombre. Dans son courrier, l’organisation syndicale pose une question centrale, toujours sans réponse officielle : les deux enfants sont ils réellement sains et saufs.
De son côté, le parquet a confirmé que l’enquête se poursuit et qu’une audience devant le juge des enfants, concernant la mesure initiale de placement, doit se tenir dans les prochains jours. Pour FO, seule une intervention claire de l’État, assortie d’un audit indépendant, permettra de restaurer la confiance et de garantir que la protection de l’enfance, mission régalienne essentielle, soit pleinement assurée en Guyane.




