À Saint-Claude, l’entreprise Délices Surgelés illustre une réalité trop souvent ignorée dans le débat ultramarin : la Guadeloupe sait produire, innover et créer de la valeur à partir de son propre patrimoine. En industrialisant le dombré, plat traditionnel par excellence, son fondateur Serge Hamot a fait le choix du travail, de l’investissement et de la transmission familiale plutôt que de la dépendance aux importations.

Partie d’un atelier artisanal et d’une machine brevetée conçue localement, l’entreprise a progressivement structuré une véritable unité agro-industrielle. Aujourd’hui, Délices Surgelés fournit les grandes surfaces locales, exporte vers la Martinique et vise désormais la Guyane et l’Hexagone. Une trajectoire qui prouve que les produits ultramarins peuvent s’imposer sur des marchés concurrentiels, sans folklore ni subventionnite permanente.

Dans un territoire où l’agroalimentaire représente déjà un tiers de l’activité industrielle, cet exemple démonte un mythe tenace : non, les Outre-mer ne sont pas condamnés à l’assistanat économique. La réindustrialisation, priorité nationale assumée, a aussi toute sa place en Guadeloupe. Encore faut-il sortir des discours victimaires et assumer une stratégie de production locale ambitieuse, tournée vers la qualité et la série.

La réussite de Délices Surgelés pose toutefois une question politique et collective : celle du choix. Choix des consommateurs, appelés à privilégier les produits locaux plutôt que l’importation systématique. Choix des banques et des pouvoirs publics, sommés d’accompagner les entrepreneurs au lieu de les freiner par des lenteurs administratives. Produire localement, c’est créer de l’emploi, renforcer la souveraineté économique et consolider l’ancrage des Outre-mer dans l’économie française. La Guadeloupe en apporte ici une démonstration concrète.

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