Le gouvernement a finalement abandonné l’idée d’imposer une surprime obligatoire sur les contrats d’assurance pour financer les dégâts liés aux émeutes. À la place, Bercy annonce la création d’un fonds spécifique, abondé par les assureurs, destiné à couvrir les territoires frappés par les violences, au premier rang desquels la Nouvelle-Calédonie.
Le projet initial, évoqué lors des discussions budgétaires, prévoyait une contribution automatique d’au moins 2 % sur l’ensemble des contrats d’assurance habitation et automobile. Ce mécanisme, jugé brutal et pénalisant pour l’ensemble des assurés, a été retiré du projet de loi de finances 2026. Le ministère de l’Économie confirme désormais un changement de cap, après les vives inquiétudes exprimées par les acteurs économiques et les territoires concernés.
Un recentrage assumé pour éviter une pénalisation générale
Le nouveau dispositif repose sur la création d’un « fonds émeutes », alimenté par des contributions volontaires des assureurs et géré par la Caisse centrale de réassurance, établissement public spécialisé dans la couverture des risques extrêmes. L’objectif affiché est de cibler plus efficacement les conséquences financières des violences urbaines, sans faire peser indistinctement le coût sur l’ensemble des ménages français.
Selon Bercy, ce recentrage permet de restaurer une forme de proportionnalité et d’éviter une hausse mécanique des primes pour des assurés étrangers aux désordres. Une approche plus conforme aux principes de responsabilité et de justice économique, dans un contexte où les entreprises et les collectivités calédoniennes ont déjà été lourdement frappées par les émeutes de 2024.
Une réponse attendue pour la stabilité économique des territoires
Pour la Nouvelle-Calédonie, cette décision est présentée comme une bouffée d’oxygène. Les violences ont fragilisé le tissu économique, découragé l’investissement et mis sous tension les mécanismes assurantiels. En concentrant la mutualisation des risques sur les zones réellement touchées, l’État cherche à préserver la continuité économique et à éviter un décrochage durable de ces territoires français du Pacifique.
Cette mesure figure dans le volet « dépenses » du budget 2026, adopté par le gouvernement via l’article 49.3, et s’inscrit dans une logique de rétablissement de l’ordre et de la confiance. Reste toutefois une incertitude : même sans surprime obligatoire, les assureurs pourraient être tentés de répercuter leur contribution au fonds sur certains contrats. Un point de vigilance supplémentaire, alors que la priorité demeure le retour à la stabilité, condition indispensable à la reconstruction et au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans le cadre républicain.




