La Direction diocésaine de l’enseignement catholique de Nouvelle-Calédonie engage un plan de licenciements touchant environ 75 salariés. Une décision lourde, révélatrice des fragilités structurelles du financement de l’enseignement privé sous contrat et des limites d’un modèle devenu insoutenable sans un soutien clair et durable des pouvoirs publics.

Fragilisée depuis plusieurs mois, la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (Ddec) a officialisé le lancement d’un plan social d’ampleur. Ce mercredi 14 janvier, les organisations syndicales ont signé un accord d’urgence fixant les critères de départ, ouvrant la voie à la suppression d’environ 75 postes. Le dossier doit désormais être transmis à la direction du travail pour validation.

Les suppressions concernent essentiellement des personnels non enseignants : aides maternelles, agents de service, cantinières et personnels administratifs. Il s’agit d’emplois indispensables au fonctionnement quotidien des établissements, mais devenus financièrement intenables dans le contexte actuel. Les syndicats évoquent une situation budgétaire critique, conséquence directe d’un financement public jugé insuffisant et instable.

Un dispositif d’accompagnement est annoncé pour les salariés concernés, incluant des possibilités de redéploiement interne, des aides à la reconversion et un accompagnement individualisé vers l’emploi ou la création d’activité. Des passerelles avec le secteur public sont également envisagées, même si certaines propositions pourraient être refusées, notamment en raison de contraintes de mobilité, ce qui alourdirait encore la facture.

Un modèle de financement à bout de souffle

Le plan social intervient dans un contexte de déficit évalué à environ 630 millions de francs. Une aide exceptionnelle de 400 millions de francs, votée en octobre dernier par le Congrès, a permis d’éviter une rupture immédiate de trésorerie, notamment pour les cantines et les internats. Mais ce soutien ponctuel ne règle pas les problèmes de fond.

Au cœur des tensions figure la délibération 360, qui encadre le financement public de l’enseignement privé sous contrat. Son mode de calcul, opaque et jugé défavorable, fixe un taux de financement par élève largement insuffisant pour couvrir les charges réelles. La montée en charge progressive des communes, notamment pour le primaire, se heurte à leurs capacités financières limitées, tandis que les provinces, déjà sous pression budgétaire, réduisent progressivement leur participation.

À ces difficultés s’ajoutent la baisse des effectifs scolaires et des coûts fixes incompressibles, en particulier pour les internats, qui nécessitent un encadrement constant quelle que soit la fréquentation. Un audit financier de la Ddec a débuté cette semaine afin d’évaluer précisément l’origine des déséquilibres. Ses conclusions seront déterminantes.

À défaut d’une réforme sérieuse et réaliste du financement de l’enseignement privé, pourtant pleinement intégré au service public de l’éducation et pilier de la cohésion sociale, la menace de nouveaux plans sociaux ne peut être écartée. Une situation préoccupante pour les familles, les personnels et l’équilibre éducatif du territoire, qui appelle une réponse claire de l’État et des collectivités, au nom de la stabilité, de la responsabilité budgétaire et de l’intérêt général.

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