Le Grand Port Maritime de la Martinique et le CNRS annoncent le lancement de Lab’o Coraux, un nouveau laboratoire dédié à la sauvegarde des récifs coralliens. Implantée sur le site portuaire de la Pointe des Carrières, cette plateforme expérimentale veut répondre à une urgence écologique bien réelle : en Martinique, la couverture récifale est désormais inférieure à 5 pour cent, contre 30 à 50 pour cent il y a vingt ans.
Micro bouturage, prélèvements dès avril 2026
Concrètement, le laboratoire va prélever des coraux menacés, notamment dans le contexte des travaux d’extension du port, afin de les mettre à l’abri dans des bassins puis de les restaurer grâce au micro bouturage. Cette technique consiste à découper les colonies en fragments pour accélérer leur croissance : en une année, il devient possible d’obtenir des colonies équivalentes à celles qui mettraient dix à vingt ans à se former naturellement. Les premiers prélèvements sont annoncés pour avril 2026. Après environ huit mois de croissance, les colonies pourraient être réimplantées sur un autre site de la baie de Fort de France.
Le projet est financé à hauteur de 783 000 euros et s’inscrit dans un accord cadre conclu en 2025, avec l’objectif affiché de faire du port un modèle de transition socio écologique. L’enjeu est clair : limiter l’impact des travaux sur un récif déjà fragilisé et éviter un anéantissement total d’habitats essentiels à la biodiversité et à la protection du littoral.
Au-delà de la compensation environnementale, Lab’o Coraux ambitionne de devenir une plateforme de recherche de référence dans les Petites Antilles. Le CNRS souligne que la question n’est pas seulement de replanter des coraux, mais de comprendre comment un tel dispositif s’insère dans un socio écosystème où l’activité économique est forte, afin de bâtir une restauration écologique durable de la baie de Fort de France.




