Une vaste étude clinique nationale est en cours pour évaluer l’utilité réelle de l’Endotest, un test salivaire innovant destiné à améliorer le diagnostic de l’endométriose, une pathologie féminine encore largement sous-diagnostiquée en France. L’enjeu est de taille : réduire le recours à des examens invasifs et raccourcir des parcours de soins souvent longs, coûteux et éprouvants pour les patientes.

L’endométriose concerne environ une femme sur dix et reste, malgré les progrès médicaux, difficile à identifier précocement. Le diagnostic repose encore majoritairement sur la cœlioscopie, une intervention chirurgicale lourde, mobilisant des moyens hospitaliers importants. Développé par la biotech française Ziwig, l’Endotest repose sur l’analyse de microARN présents dans la salive. Une première étude multicentrique menée auprès de 971 femmes dans 17 centres spécialisés a affiché une performance diagnostique proche de 100 %, des résultats publiés fin 2025 dans la revue scientifique NEJM Evidence.

Une expérimentation nationale en conditions réelles

Après la démonstration de ses performances techniques, l’Endotest fait désormais l’objet d’une étude d’utilité clinique baptisée Endobest. Lancée en février 2025, cette étude vise à mesurer l’impact concret du test dans la prise de décision médicale. Au total, 2 500 patientes sont incluses dans un premier temps, avec une ouverture possible à 25 000 femmes grâce à un financement dans le cadre du forfait innovation accordé par la Haute Autorité de Santé. Le coût du test, fixé à 839 euros, est intégralement pris en charge par la Sécurité sociale durant la phase d’expérimentation.

Les femmes concernées sont âgées de 18 à 43 ans, souffrent de douleurs pelviennes chroniques sévères et présentent des résultats d’imagerie normaux ou incertains. L’objectif est clair : déterminer si l’Endotest permet d’éviter des cœlioscopies inutiles et d’orienter plus efficacement la prise en charge médicale. Les premiers résultats sont attendus à la mi-2026.

Une avancée médicale discutée par les spécialistes

Si l’innovation suscite de réels espoirs, elle ne fait pas l’unanimité dans la communauté médicale. Plusieurs spécialistes rappellent que la douleur associée à l’endométriose est multifactorielle et que le lien entre lésions biologiques et symptômes cliniques n’est pas toujours direct. Certains s’interrogent également sur l’intérêt de traiter chirurgicalement des lésions peu visibles à l’imagerie, dont l’impact thérapeutique reste débattu.

Pour autant, cette étude nationale à grande échelle doit permettre de trancher sur la place exacte du test salivaire dans le parcours de soins. Elle pourrait, à terme, offrir une réponse pragmatique à un problème de santé publique majeur, en conciliant innovation biomédicale, maîtrise des coûts et amélioration concrète de la prise en charge des patientes, dans un système de santé qui doit rester à la fois efficace, responsable et rigoureux.

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