L’Agence spatiale européenne (ESA) vise un cap inédit en 2026 avec jusqu’à 65 satellites et missions programmés, un record qui confirme la montée en puissance stratégique de l’Europe spatiale. Une part significative de ces lancements se fera depuis Kourou, rappelant que la Guyane n’est pas une périphérie, mais un pilier central de la souveraineté scientifique, technologique et industrielle française et européenne.

Dotée d’un budget de plus de 8 milliards d’euros, l’ESA concentre ses efforts sur des priorités directement liées aux enjeux contemporains : observation de la Terre, navigation, communications sécurisées et exploration spatiale. Derrière ces chiffres, une réalité souvent ignorée : ces investissements servent autant la lutte contre le changement climatique, la sécurité civile, la défense que l’indépendance technologique face aux puissances concurrentes américaines et chinoises.

La montée en cadence des lanceurs Ariane 6 et Vega-C marque également un tournant. Après des années de doutes et de retards exploités par les discours défaitistes, l’Europe assume enfin une relance ambitieuse de son accès autonome à l’espace. Et cette relance passe par Kourou, dont le rôle stratégique est plus que jamais confirmé, à l’heure où certains continuent de minimiser l’apport ultramarin à la puissance nationale.

L’année 2026 sera aussi marquée par des missions symboliques fortes, comme le vol de l’astronaute française Sophie Adenot vers la Station spatiale internationale ou la participation européenne au programme lunaire Artemis. Autant de projets qui illustrent une évidence politique : sans la Guyane, il n’y a pas de grande politique spatiale française. Et sans une France forte dans ses Outre-mer, l’Europe spatiale ne serait qu’un slogan sans orbite.

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