La deuxième journée du procès de Sylvain Kereneur s’est ouverte ce mercredi devant la cour d’assises de Martinique dans une atmosphère lourde et éprouvante. L’homme est jugé pour le meurtre de sa compagne, Karina Antunes Gama De Souza, commis en mai 2020 en Guyane. Cette matinée a été marquée par des témoignages clés, des expertises médicales déterminantes et des scènes particulièrement difficiles pour la famille de la victime.
Une autopsie qui accable l’accusé
L’audience a basculé lors du visionnage des photographies du corps de Karina, retrouvé dans une forêt près de Cacao. Les images montrent une jeune femme gisant face contre terre, tuméfiée, partiellement dénudée, sans chaussures, le visage presque méconnaissable. Durant cette séquence, Sylvain Kereneur est resté impassible, détournant le regard, sans manifester d’émotion apparente, renforçant le malaise dans la salle.
Le médecin légiste ayant pratiqué l’autopsie a livré des conclusions sans ambiguïté. Karina Antunes Gama De Souza est morte par suffocation. Selon l’expert, le nez et la bouche de la victime auraient été obstrués pendant plusieurs minutes. Le corps présentait également des traces d’essence, confirmant une tentative de destruction post mortem. Interrogé par le président de la cour, le médecin a indiqué que des gestes de secours auraient pu être tentés et que l’appel aux urgences aurait permis une intervention rapide à Cayenne.
Les débats se sont ensuite poursuivis avec l’audition de témoins de l’entourage de l’accusé et l’annonce de nouvelles expertises, notamment en matière médico légale et incendie criminel. Ce procès, qui a profondément marqué la Guyane, met une nouvelle fois en lumière la réalité brutale des violences conjugales et l’exigence d’une réponse judiciaire ferme face aux féminicides. Le verdict est attendu dans les prochains jours.




