En partenariat avec les Hôtels Karibea

Une soixantaine de policiers ont défilé samedi 31 janvier dans les rues de Fort-de-France, à l’appel du syndicat Alliance, dans le cadre d’une mobilisation nationale organisée dans plusieurs territoires. Leur message est limpide : la Police nationale, service public essentiel, ne peut plus faire face à la montée de la criminalité en Martinique sans renforts humains et matériels.

Rassemblés devant le commissariat de Fort-de-France, les manifestants ont d’abord écouté une prise de parole syndicale, avant de marcher jusqu’au Palais de justice, puis de revenir à leur point de départ. La mobilisation, composée majoritairement d’hommes d’une cinquantaine d’années, s’est déroulée sans incident.

En revanche, l’appel lancé à la population pour rejoindre le cortège n’a pas été suivi massivement. Quelques soutiens étaient présents, dont un habitant venu “donner une force à nos forces de police”, rappelant que les policiers sont aussi “des pères et des mères de famille”, soumis à une pression permanente et à des conditions de travail éprouvantes.

“On vit avec la peur au ventre” : l’alerte sur la dérive sécuritaire aux Antilles

Au cœur de cette mobilisation, une inquiétude profonde : la banalisation des violences armées. Les policiers dénoncent une situation devenue insoutenable dans plusieurs territoires ultramarins, où les fusillades et homicides par balle se multiplient.

Le syndicat Alliance insiste : l’État ne peut pas laisser s’installer cette spirale. Selon ses représentants, cela fait des années que les mêmes constats sont dressés, sans réponse suffisante. Et si rien ne change, préviennent-ils, la criminalité pourrait augmenter de manière “drastique”.

Le secrétaire général d’Alliance Police Nationale en Martinique, Thierry Baucelin, a également souligné l’importance du soutien populaire : au-delà des revendications professionnelles, il s’agit de faire prendre conscience à la population que la sécurité n’est pas un sujet secondaire, mais une condition de la liberté, de la stabilité sociale et du respect du droit.

Une question de régalien : l’État attendu au tournant

Plusieurs candidats aux élections municipales, de sensibilités diverses, ont été aperçus dans le cortège. Mais pour les policiers, l’essentiel n’est pas l’affichage politique : ce qu’ils réclament, c’est une réponse régalienne ferme, durable, et concrète.

Dans un territoire confronté à une montée inquiétante des violences, la question des moyens alloués à la Police nationale n’est pas un détail budgétaire : c’est un enjeu vital. Car quand l’autorité recule, ce sont toujours les honnêtes gens qui paient le prix fort.

Privacy Preference Center