La justice bordelaise a mis en examen trois jeunes hommes après une fusillade survenue le soir de Noël dans le quartier des Aubiers, un secteur gangrené de longue date par le trafic de stupéfiants. Deux des mis en cause sont originaires de Guyane. Tous ont été placés en détention provisoire pour tentative de meurtre en bande organisée, association de malfaiteurs et détention d’armes, dans un dossier que le parquet relie clairement au narcotrafic.

Les faits illustrent une évolution inquiétante des réseaux criminels : des individus venus de différentes régions françaises, y compris d’Outre-mer, sont désormais recrutés ou appelés en renfort sur des points de deal métropolitains. Selon le parquet, les suspects avaient été mobilisés à Bordeaux par un individu toujours recherché, qui leur aurait fourni un véhicule volé. La fusillade a éclaté alors qu’ils se rendaient sur une place connue pour être un point de trafic difficile à démanteler.

La victime, un jeune homme de 19 ans déjà condamné à plusieurs reprises pour des infractions liées aux stupéfiants et récemment sorti de prison, a été mortellement blessée malgré le port d’un gilet pare-balles. Des armes lourdes fusil automatique, fusil à pompe et munitions ont été retrouvées, confirmant le degré de militarisation atteint par ces réseaux criminels.

Ce dossier rappelle une réalité trop souvent minimisée : le narcotrafic ne connaît plus de frontières internes et exploite les fragilités sociales, économiques et judiciaires pour étendre son emprise. Loin de toute lecture victimaire ou communautaire, ces faits posent une question nationale de sécurité et d’autorité de l’État. La lutte contre le trafic de drogue suppose une réponse ferme, coordonnée et sans complaisance, que ce soit dans l’Hexagone comme dans les territoires ultramarins, afin d’éviter que ces filières criminelles ne prospèrent sur les failles de la République.

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