Une partie du personnel de l’hôpital de Kaleveleve, à Futuna, observera un débrayage ce mercredi 21 janvier à l’appel de l’Union syndicale territoriale de Wallis-et-Futuna. À l’origine du mouvement, une agression verbale visant un agent hospitalier, sur fond de revendications liées à l’emploi foncier. Un service minimum sera assuré pour garantir la prise en charge des patients.

L’Agence de santé de Wallis-et-Futuna a confirmé que la continuité des soins essentiels serait maintenue durant la journée. Les urgences resteront opérationnelles, mais les consultations non prioritaires devront être reportées. La direction de l’établissement précise que plusieurs services seront suspendus, notamment la pharmacie, les prises de sang et les soins à domicile, en raison de la mobilisation d’une partie des agents.

Une agression verbale au cœur du conflit

Selon le syndicat USTWF, le débrayage fait suite à un incident survenu la semaine dernière. Un agent d’entretien de l’hôpital aurait été victime d’une agression verbale de la part de membres de la famille propriétaire du terrain sur lequel est implanté l’établissement. Ces derniers réclameraient le remplacement de l’agent par l’un de leurs proches, au nom du principe dit de l’emploi foncier.

Ce type de pression est fermement dénoncé par l’organisation syndicale, qui estime que rien ne peut justifier des intimidations ou des violences verbales à l’encontre de personnels hospitaliers exerçant leur mission de service public.

L’emploi foncier, une pratique source de dérives

À Wallis-et-Futuna, le foncier relève de règles coutumières spécifiques. Les terrains ne sont pas vendus mais loués, et ces baux peuvent s’accompagner d’engagements en matière d’emplois au bénéfice des familles propriétaires. Ce système, connu sous le nom d’emploi foncier, est régulièrement à l’origine de tensions lorsqu’il entre en contradiction avec les principes de recrutement, de compétence et de neutralité du service public.

Dans un hôpital, où la continuité et la qualité des soins doivent primer, ces revendications posent un problème de fond. Le syndicat rappelle que les établissements de santé ne peuvent être soumis à des logiques de pression locale ou familiale, au détriment du cadre légal et de l’autorité de l’administration.

Par ce débrayage, l’USTWF entend rappeler une ligne claire : le respect des agents, la protection des personnels et l’application du droit doivent s’imposer à tous. Dans un territoire français, même régi par des équilibres coutumiers, l’ordre public, l’autorité de l’État et le bon fonctionnement du service de santé ne sauraient être négociables.

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