Un glissement de terrain survenu samedi à Papenoo a entièrement détruit l’atelier de menuiserie d’Edgard Tetuarii. Par chance, aucun blessé n’est à déplorer : les occupants étaient absents au moment des faits. Si le drame humain a été évité, le choc matériel et l’inquiétude demeurent vifs dans ce quartier familial exposé aux aléas naturels.
L’éboulement s’est produit en début d’après-midi, vers 14h30. L’atelier, situé à proximité immédiate de l’habitation des beaux-parents d’Edgard Tetuarii, âgés de 75 ans, a été enseveli en quelques instants. La maison, elle, a été miraculeusement épargnée. Les propriétaires se trouvaient ailleurs au moment des faits, invités à partager un repas, ce qui leur a sans doute sauvé la vie.
Une vie de travail anéantie en quelques minutes
À 58 ans, le menuisier a vu disparaître l’ensemble de ses outils et de son matériel professionnel, représentant des années d’investissement et plusieurs millions de francs. À son arrivée sur place, le constat est sans appel : il ne reste plus rien de l’atelier. Une perte sèche qui pose désormais la question de l’avenir professionnel.
Dans l’immédiat, Edgard Tetuarii attend des réponses des autorités communales. Le maire de Hitiaa o te ra a indiqué qu’une réunion devait se tenir afin d’évaluer les aides possibles. Mais la perspective de repartir à zéro apparaît particulièrement lourde. Trouver un nouveau terrain, réinvestir dans du matériel et relancer une activité artisanale relève aujourd’hui du défi. À défaut, le menuisier envisage de se recentrer sur la rénovation de meubles, en fonction des demandes.
Une zone à risque qui rappelle l’exigence de vigilance
Dans le voisinage, l’émotion est palpable. Alertée par l’éboulement, une proche de la famille, qui n’avait jamais connu un tel événement en vingt ans, a donné l’alerte. Sur recommandation de la gendarmerie, une évacuation préventive a été envisagée, notamment en raison de l’état de santé fragile d’un membre de la famille.
Cet épisode rappelle avec force la réalité des risques naturels dans les zones habitées à flanc de montagne, particulièrement en saison des pluies. À Papenoo comme ailleurs en Polynésie française, la prévention, la vigilance et l’accompagnement des sinistrés doivent rester une priorité des pouvoirs publics. Protéger les vies, sécuriser les habitations et permettre aux artisans et entrepreneurs de se relever rapidement relève de la responsabilité collective, dans le cadre de l’autorité de l’État et de la solidarité nationale.




