Alors que la grève chez Matis s’enlise pour une deuxième semaine consécutive, la direction du réseau hal’O a décidé de rétablir le transport scolaire ce samedi 24 janvier en recourant à des véhicules de substitution. Une initiative assumée par l’entreprise pour garantir la continuité du service public, mais vivement contestée par la CFDT, qui dénonce une atteinte au droit de grève.

Dans un communiqué diffusé vendredi, la direction de Transdev Mayotte, opérateur du réseau hal’O, annonce que l’ensemble des services habituellement assurés par les conducteurs grévistes sera maintenu grâce à des moyens alternatifs. Objectif affiché : permettre aux élèves des zones Nord et Sud de rejoindre leurs établissements aux horaires habituels, malgré la mobilisation d’environ 70 chauffeurs.

Continuité du service public face à un conflit prolongé

Pour éviter une nouvelle paralysie du transport scolaire, la société indique avoir mobilisé une trentaine de bus de substitution. Selon la direction, ces véhicules sont conduits par des agents habituellement planifiés en semaine, appelés à renforcer le service du samedi. Une solution présentée comme pragmatique et temporaire, dans un contexte où les familles et les élèves subissent de plein fouet les conséquences d’un conflit social qui s’éternise.

Du côté syndical, la réaction est immédiate et virulente. La CFDT Mayotte accuse la direction de chercher l’affrontement plutôt que la négociation. Son secrétaire général, Housseni Balahachi, évoque une « entrave à la liberté syndicale » et estime que le remplacement des grévistes constitue une manœuvre illégale. Un discours relayé par certains représentants du personnel, qui dénoncent une remise en cause du rapport de force engagé par la grève.

La direction de Matis, par la voix de son responsable clientèle et marketing, assure pour sa part ne pas contester le droit de grève, mais rappelle sa responsabilité première : garantir un service essentiel aux usagers, en particulier aux élèves. Dans un territoire comme Mayotte, où l’accès à l’école dépend largement du transport scolaire, la continuité du service public apparaît comme un impératif difficilement contestable.

Aucune nouvelle action n’est annoncée à ce stade par les grévistes. Une rencontre entre la direction et la CFDT est toutefois prévue lundi. Reste à savoir si le dialogue social permettra de sortir d’une situation qui pénalise avant tout les familles, et qui pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre revendications syndicales et intérêt général.

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