Ce mardi 3 février 2026, les enseignants martiniquais sont appelés à une mobilisation générale, à l’initiative de l’intersyndicale FSU, UNSA Éducation et FO. Une grève qui s’inscrit dans un mouvement plus large touchant l’ensemble des territoires ultramarins, et qui vise à dénoncer l’état préoccupant de l’école publique, mais aussi une réforme des congés maladie jugée injuste et discriminatoire.
Le rendez-vous est fixé dès 8h30 devant le rectorat de Terreville, où les syndicats entendent faire entendre la colère d’un corps enseignant épuisé, confronté à des conditions de travail de plus en plus difficiles et à une administration jugée sourde aux réalités du terrain.
Bâti scolaire dégradé, manque de moyens : une école fragilisée
Les griefs des syndicats sont lourds : bâtiments scolaires parfois dangereux, coupures d’eau à répétition, pénurie de personnels, disparition progressive des dispositifs d’aide aux élèves en difficulté, comme les RASED, sans oublier la précarisation des enseignants et des AESH.
Dans ces territoires où l’État est attendu au tournant, cette accumulation de dysfonctionnements alimente un sentiment d’abandon. Une école qui fonctionne mal, ce sont des familles pénalisées, des élèves en difficulté, et au final une société fragilisée. Or, l’école est l’un des piliers de la République : elle doit rester un instrument d’élévation, d’autorité et de transmission, et non devenir un symbole de désorganisation permanente.
Le décret sur le congé longue maladie : la mesure qui met le feu aux poudres
Mais la cause immédiate de la grève est ailleurs : le décret relatif au congé de longue maladie (CLM). Celui-ci prévoit une réduction d’une partie de la majoration de traitement de 40% pour les fonctionnaires ultramarins placés en CLM.
Pour l’intersyndicale, il s’agit d’une attaque directe contre les personnels les plus fragiles, ceux dont la santé est déjà atteinte. Alexandra Thaly-Héloïse, co-secrétaire de la FSU SNUIPP, dénonce une “double peine” : tomber malade, puis voir son salaire diminuer brutalement, alors même que la vie reste structurellement plus chère en Martinique.
Les syndicats réclament donc l’abrogation des dispositions contestées, ainsi que le maintien intégral de la majoration pendant toute la durée du congé longue maladie.
Comme souvent, les conséquences immédiates se feront sentir pour les parents : certaines écoles seront fermées faute d’enseignants présents. Plusieurs établissements ont d’ores et déjà informé les familles, leur demandant de s’organiser.
Cette nouvelle journée de mobilisation rappelle une réalité : lorsqu’un service public essentiel se dégrade, ce sont toujours les familles qui paient la facture. L’État, garant de la continuité et de l’autorité, ne peut durablement laisser s’installer ce climat de tension. Les Outre-mer, pleinement français, doivent bénéficier d’un système éducatif digne, stable et solide, car c’est aussi par l’école que la République tient debout.




