Du 5 au 15 janvier, une large partie des médecins libéraux sera en grève à La Réunion, dans le sillage d’un mouvement national. Face à cette mobilisation, l’Agence régionale de santé appelle les Réunionnais à anticiper leurs démarches médicales et à faire un usage strictement raisonné du système de santé, afin d’éviter toute saturation inutile.

Ce mouvement social, porté par plusieurs organisations syndicales, vise à dénoncer certaines dispositions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Dans les faits, les cabinets libéraux pourraient fonctionner au ralenti, voire rester fermés, rendant l’accès aux soins plus difficile pendant une dizaine de jours.

Consciente des conséquences pour la population, l’ARS invite les patients à prendre leurs dispositions en amont. Les personnes devant consulter leur médecin traitant ou se rendre dans une clinique sont encouragées à contacter les structures concernées avant de se déplacer, afin de vérifier leur capacité d’accueil. Les renouvellements d’ordonnances prévus sur cette période doivent également être anticipés.

Ne pas désorganiser les urgences

Les autorités sanitaires insistent particulièrement sur la nécessité de ne pas engorger les services d’urgence. En cas d’indisponibilité d’un médecin, le recours au numéro 15 est recommandé uniquement si l’état de santé ne permet pas de différer la consultation. Les services d’urgences des principaux établissements hospitaliers de l’île continueront d’assurer la prise en charge des situations médicales avérées, mais il est fortement conseillé d’appeler le 15 avant tout déplacement.

Les consultations de soirée ou de week-end doivent, elles aussi, être réservées aux situations qui le justifient réellement. L’ARS rappelle que le bon fonctionnement du système de santé repose sur la responsabilité individuelle de chacun, en particulier dans un contexte de tension sur l’offre de soins.

Sur le fond, les médecins mobilisés contestent plusieurs mesures du budget de la Sécurité sociale, adopté le 16 décembre à l’Assemblée nationale. Parmi les points les plus critiqués figurent la possibilité de sanctions financières pouvant atteindre 10 000 euros par an pour les praticiens ne complétant pas le dossier médical partagé, ainsi qu’un dispositif de contrôle renforcé des prescriptions d’arrêts de travail.

Le texte doit encore être débattu en séance publique le 16 janvier. En attendant, cette grève pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre revendications professionnelles et continuité de l’accès aux soins. Dans un territoire déjà confronté à des difficultés structurelles en matière de démographie médicale, la priorité reste la protection des patients et la préservation d’un système de santé efficace, fondé sur la responsabilité et la mesure.

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