La Guadeloupe se retrouve une nouvelle fois confrontée à une grève paralysante dans le secteur de la santé privée. Depuis le 12 janvier, les cliniques des Eaux Claires à Baie-Mahault et de l’Espérance aux Abymes, toutes deux appartenant au groupe Almaviva Santé, sont touchées par un mouvement social illimité. Les salariés dénoncent le non-respect de la convention collective, réclament une revalorisation du point d’indice et alertent sur leurs conditions de travail, tandis que les directions tentent de maintenir un service minimum, notamment pour les urgences vitales.
Si les revendications salariales et organisationnelles relèvent d’un débat légitime, la radicalité du mouvement interroge dans un contexte sanitaire déjà sous tension, marqué par l’épidémie de grippe et la saturation des structures hospitalières publiques. Le choix d’un blocage durable, encouragé par des syndicats notoirement coutumiers du rapport de force, fait peser un risque direct sur la continuité des soins et sur la confiance des patients, premières victimes collatérales de ces conflits.
Du côté des grévistes, le discours est rodé : dénonciation d’un management jugé autoritaire, mise en avant d’un malaise social profond et appel à une revalorisation salariale ciblée. Mais cette rhétorique, souvent reprise sans nuance, occulte une réalité plus large : le système de santé guadeloupéen, largement soutenu par la solidarité nationale, ne peut se permettre des stratégies de blocage qui aggravent encore la désorganisation du territoire.
Alors que les négociations engagées n’ont pour l’instant pas abouti, une question demeure centrale : jusqu’où peut-on aller dans l’affrontement social sans mettre en danger l’intérêt général ? Dans un département où l’accès aux soins reste fragile, la responsabilité collective devrait primer sur les postures idéologiques. Défendre les droits des salariés ne peut se faire au détriment de la mission première de ces établissements : soigner, dans le cadre républicain, l’ensemble de la population.




