L’épidémie de grippe continue de gagner du terrain, en Guadeloupe comme dans l’Hexagone. Santé publique France évoque une intensité rare, portée par un virus particulièrement contagieux. En Guadeloupe, la situation est épidémique depuis trois semaines, dans un contexte de faible couverture vaccinale et de hausse constante des passages en ville comme à l’hôpital.
Un variant très transmissible, l’hôpital se réorganise
L’épidémie est dominée par la grippe A, notamment le variant K du H3N2, connu pour sa forte capacité de transmission. Au CHU, le plan de mise en tension a été déclenché. Le directeur médical de crise, le Dr Bruno Jarrige, rappelle que la grippe était attendue mais que l’impact s’annonce important, comme l’année précédente, en raison d’une population peu vaccinée. Il prévient que janvier et février pourraient être compliqués, avec des répercussions sur la prise en charge des patients.
Face à l’afflux de malades grippés observé depuis le début décembre, le CHU a renforcé la présence médicale aux urgences et augmenté le nombre de lits dans certains services. L’établissement anticipe aussi une pression sur les soins critiques, avec la préparation de la réouverture d’une réanimation installée à l’époque du Covid, afin de pouvoir déployer des lits supplémentaires si nécessaire. Depuis le début décembre, plus de vingt patients grippés ont déjà été admis en réanimation.
À ce stade, le plan blanc n’est pas activé, mais il constitue l’étape suivante si la dégradation se poursuit. En parallèle, une vigilance est aussi maintenue sur la gastro entérite, qui pourrait venir aggraver la tension sanitaire, même si aucune donnée spécifique n’est encore disponible pour les Antilles Guyane. Pour la Guadeloupe, la priorité est claire : éviter l’engorgement, protéger les plus fragiles et maintenir la continuité des soins dans un service public hospitalier déjà très sollicité.




