L’année 2025 aura confirmé une réalité que certains continuent de minimiser depuis Paris : les Outre-mer sont en première ligne du dérèglement climatique. En Guadeloupe comme dans l’ensemble de la Caraïbe, les phénomènes météorologiques extrêmes se sont succédé avec une intensité inédite. Ouragans plus violents, pluies diluviennes meurtrières, submersions rapides : même lorsque la saison cyclonique paraît « modérée » sur le papier, ses effets sont désormais plus destructeurs, conséquence directe du réchauffement des océans.
La pression environnementale ne s’est pas limitée au ciel. Les échouements massifs de sargasses ont, une nouvelle fois, empoisonné le quotidien des habitants du littoral, rappelant l’ampleur d’un phénomène structurel encore mal anticipé par l’État. À noter toutefois un signal positif : la Guadeloupe a réussi à imposer le sujet sur la scène internationale, obtenant une reconnaissance officielle de ce fléau lors d’un grand rendez-vous mondial. Une preuve que les territoires ultramarins peuvent porter une diplomatie environnementale crédible, dès lors qu’ils sont écoutés et soutenus.
Sur le plan de la biodiversité, le constat est plus contrasté. Mangroves, récifs coralliens, avifaune : la Guadeloupe reste l’un des joyaux naturels de la République, mais un joyau fragilisé. Si certaines surfaces de mangroves progressent localement, les récifs coralliens s’effondrent à un rythme alarmant, victimes du réchauffement, des pollutions et d’activités humaines mal maîtrisées. La biodiversité ultramarine, pourtant stratégique pour la France, continue de payer le prix d’une protection insuffisamment priorisée au niveau national.
Enfin, 2025 marque une montée en puissance d’un discours nouveau dans la Caraïbe : celui de la responsabilité et de la justice climatiques. Des actions en justice, intentées contre des États jugés défaillants, montrent que les populations insulaires refusent désormais la fatalité. Derrière ces démarches, une exigence claire : que la France et l’Europe cessent de considérer les Outre-mer comme de simples périphéries exposées, et assument pleinement leur devoir de protection envers des territoires français confrontés, avant les autres, aux conséquences des choix climatiques globaux.




