La Guadeloupe perd l’une de ses figures culturelles les plus reconnaissables. Robert Sarkis, pianiste virtuose, chef d’orchestre et commerçant bien connu à Pointe à Pitre, est décédé au centre hospitalier universitaire dans sa 91e année. Son nom reste associé à une époque où la musique faisait danser, rassemblait et structurait la vie sociale de l’archipel.
Un musicien populaire, une empreinte durable
Chef d’orchestre parmi les plus appréciés de son temps, Robert Sarkis a collaboré avec plusieurs formations, dont Caribbean Jazz, Emeraude Boys, Robert Sarkis et son orchestre ou encore Trio. Son style, élégant et accessible, a marqué les bals et les soirées, avec une musique pensée pour le public, sans jamais sacrifier l’exigence musicale.
Son influence a été saluée par l’emblématique producteur Henri Debs, qui rappelait la popularité de l’artiste, portée à la fois par la qualité de sa musique et par son contact humain. Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe, a lui aussi rendu hommage à un musicien décrit comme un gardien du patrimoine sonore, capable de faire le lien entre tradition et modernité, du folklore guadeloupéen aux ambiances feutrées des piano bars.
Figure majeure des Disques Debs dès les années 1960, Robert Sarkis a été l’un des piliers de ce studio historique de Pointe à Pitre. De la biguine à la mazurka, du boléro au compas, il a exploré toute la richesse du répertoire antillais. Des titres comme Si tu m’écrivais ou Redis moi tes mensonges restent, pour beaucoup, des classiques.
Avec sa disparition, c’est une page d’histoire culturelle qui se tourne. Mais son héritage, lui, demeure : une musique populaire, exigeante, enracinée, et profondément guadeloupéenne.




