Dans les hauteurs du quartier de Petit-Pérou, aux Abymes, une vingtaine de familles vivent depuis juin 2025 sans accès à l’eau courante. Après neuf mois sans une seule goutte au robinet, les habitants dénoncent une situation devenue intenable et réclament des mesures urgentes pour rétablir l’approvisionnement.

Selon les riverains de la rue Ylang-Ylang, il ne s’agit pas de simples coupures ponctuelles mais d’une absence totale d’eau depuis environ 270 jours. Pour assurer leurs besoins quotidiens, ils sont contraints d’acheter de l’eau auprès de prestataires privés, à un coût pouvant atteindre une centaine d’euros par mètre cube.

Cette situation affecte également une garderie du quartier qui accueille près de 70 enfants et emploie une dizaine de salariés. Sans réseau d’eau potable, l’établissement doit fonctionner grâce à des réserves et à des bouteilles d’eau pour assurer l’hygiène des locaux et des enfants.

Des problèmes structurels du réseau

Le Syndicat mixte de gestion de l’eau et de l’assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG) explique ces difficultés par plusieurs facteurs techniques. Selon ses responsables, certaines habitations du secteur se trouvent au même niveau, voire au-dessus, du réservoir d’eau de Petit-Pérou, ce qui limite la pression nécessaire pour alimenter correctement les réseaux.

Les techniciens évoquent également un développement urbain plus rapide que la capacité des infrastructures existantes. Des constructions supplémentaires en aval du réseau auraient accentué les tensions sur la distribution.

Un réseau fragilisé par les fuites

Autre difficulté : le réservoir de Petit-Pérou est situé en bout de réseau, alimenté par une canalisation qui traverse plusieurs communes depuis Capesterre-Belle-Eau. Sur ce parcours, de nombreuses fuites réduisent fortement le volume d’eau disponible.

Dans cette zone des Abymes, les pertes d’eau seraient estimées à environ 60 % du volume transporté. Des travaux sont actuellement en cours pour remplacer 2,5 kilomètres de canalisations dégradées.

Toutefois, ces travaux pourraient n’apporter qu’une amélioration partielle pour les habitants des hauteurs de Petit-Pérou. Selon le SMGEAG, une solution durable pourrait nécessiter davantage d’aménagements et ne serait pas envisagée avant la fin de l’année 2026.

Des habitants à bout de patience

Face à cette situation, les riverains réclament notamment l’installation d’une citerne tampon équipée d’un surpresseur afin d’augmenter la pression dans leur quartier. Le syndicat de gestion de l’eau estime cependant que cette solution déplacerait le problème vers d’autres secteurs du réseau.

Excédés par l’absence de solution immédiate, plusieurs habitants participent désormais à des démarches judiciaires engagées par des collectifs citoyens. Certains n’excluent pas de se mobiliser publiquement pour faire entendre leur colère, après des mois d’attente sans amélioration concrète de leur situation.

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