Le stockage de l’électricité s’impose comme un enjeu stratégique pour la Guadeloupe. Dans un territoire non interconnecté au réseau continental, les coûts de production demeurent élevés et sont partiellement compensés par le Service public de l’énergie afin de garantir aux consommateurs des tarifs comparables à ceux de l’Hexagone. Pour réduire ces surcoûts et faciliter l’intégration des énergies renouvelables, cinq projets de centrales de stockage ont été retenus par la Commission de régulation de l’énergie.

Un investissement stratégique pour réduire les surcoûts

Dans le cadre d’un guichet ouvert fin 2024, quatorze dossiers ont été déposés. Cinq projets, portés par quatre sociétés, Albioma, APEX, Elements et Voltalia, ont été sélectionnés. Ils représentent une puissance totale de 32 mégawatts, légèrement supérieure au plafond initial de 30 mégawatts fixé par la CRE. Les futures installations seront implantées à Baie-Mahault, aux Abymes et à Petit-Bourg.

Le stockage est présenté par la CRE comme un levier majeur de la transition énergétique dans les zones non interconnectées, notamment en Outre-mer. Il permet d’absorber l’intermittence des énergies renouvelables, en particulier du solaire, et de sécuriser l’équilibre du réseau électrique local. En stockant l’électricité produite en excès, ces centrales limiteront le recours aux moyens thermiques plus coûteux.

L’investissement mobilisé au titre du Service public de l’énergie est estimé à 65 millions d’euros. Selon les projections, le surcoût de production évité atteindrait environ 1,412 milliard d’euros sur quinze ans, un différentiel significatif qui justifie l’engagement financier consenti.

Parmi les projets retenus figure celui d’Albioma à Convenance, sur le territoire de Baie-Mahault. La centrale, dont la mise en service est prévue début 2028, reposera sur des batteries lithium-ion avec une puissance d’injection de 5 mégawatts et une capacité de stockage de 10 mégawattheures. Comme les autres installations sélectionnées, elle contribuera à la flexibilité et à la sécurisation du réseau électrique guadeloupéen.

La transmission des contrats signés à la CRE devra intervenir avant le 31 mai 2026. Avec ces cinq projets, la Guadeloupe franchit une étape concrète vers une production énergétique plus maîtrisée, plus autonome et mieux adaptée aux réalités insulaires, tout en garantissant l’égalité tarifaire au sein de la République.

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