La situation sanitaire se tend en Guadeloupe. Confronté à une épidémie de grippe particulièrement virulente, le CHU de Pointe-à-Pitre a déclenché son plan blanc, dispositif exceptionnel destiné à faire face à une saturation des urgences. L’afflux massif de patients, aggravé par d’autres tensions structurelles, contraint l’hôpital à déprogrammer certaines prises en charge afin de dégager des capacités immédiates.
Ce déclenchement illustre une nouvelle fois la fragilité persistante du système hospitalier ultramarin, soumis à des pics de fréquentation sans disposer toujours des marges de manœuvre nécessaires. Dans ce contexte, l’Agence régionale de santé appelle clairement la population à la discipline : avant tout déplacement aux urgences, il est impératif de composer le 15. Cette régulation en amont vise à éviter l’engorgement et à garantir une prise en charge prioritaire des cas les plus graves.
Les autorités sanitaires rappellent également que les urgences ne doivent pas devenir une porte d’entrée par défaut du système de soins. Médecins traitants, réseaux de permanence des soins, pharmaciens : tous sont mobilisés pour absorber les cas bénins, tandis que l’hôpital se concentre sur ses missions vitales. Une évidence trop souvent oubliée, au détriment de l’efficacité globale.
Enfin, cette crise sanitaire remet en lumière un enjeu national : la prévention. Vaccination contre la grippe, gestes barrières élémentaires, bon sens collectif. Autant de réflexes simples qui relèvent de la responsabilité individuelle autant que de la solidarité nationale. Dans les Outre-mer comme dans l’Hexagone, la santé publique ne peut reposer uniquement sur l’hôpital : elle engage chaque citoyen et l’unité de la République face aux crises.




