Adoptées en deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 25 février, les deux propositions de loi sur la fin de vie poursuivent leur parcours législatif au Sénat. L’un des textes instaure un droit à “l’aide à mourir”, l’autre renforce le développement des soins palliatifs, adopté à l’unanimité. Si le gouvernement défend un équilibre entre liberté individuelle et protection des personnes vulnérables, certaines associations guadeloupéennes expriment leurs réserves.

Le texte relatif à l’aide à mourir ne mentionne pas explicitement les termes “euthanasie” ou “suicide assisté”. Il encadre strictement l’accès à ce nouveau droit, soumis à cinq critères : être majeur, de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France, être atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital en phase avancée ou terminale, souffrir de manière constante et réfractaire aux traitements (la souffrance psychologique seule ne pouvant suffire), et être apte à exprimer une volonté libre et éclairée.

En Guadeloupe, Patricia Claret, présidente de l’association Accompagnement soins palliatifs, souligne que le cadre législatif actuel permet déjà un accompagnement en fin de vie, via la loi Claeys-Leonetti de 2016. Celle-ci autorise notamment la sédation profonde et continue jusqu’au décès lorsque le pronostic vital est engagé à court terme, et encadre l’arrêt des traitements en cas d’obstination déraisonnable.

Pour l’association, l’enjeu prioritaire demeure l’accès aux soins palliatifs. Le territoire ne dispose que d’un seul centre dédié, à la clinique Pitat de Basse-Terre, avec 14 lits. Patricia Claret pointe un manque de moyens humains et structurels, estimant que tous les patients devraient pouvoir bénéficier d’un accompagnement adapté avant d’envisager une aide à mourir.

Si elle se dit personnellement opposée à l’euthanasie, elle reconnaît que la loi devra être appliquée si elle est définitivement adoptée. Le débat, qui touche à des convictions éthiques profondes, continue ainsi de diviser au sein de la société, y compris en Guadeloupe.

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