Guadeloupe : l’Agence française anticorruption mobilise les acteurs publics et privés face au narcotrafic

L’Agence française anticorruption a ouvert samedi matin au Gosier un séminaire réunissant les cadres de l’aéroport Maryse-Condé, les services de l’État et les acteurs de la sûreté. Un déplacement de cinq jours qui traduit la volonté des autorités de renforcer les dispositifs de prévention face aux tentatives d’infiltration des réseaux criminels.
C’est à l’hôtel La Créole Beach, au Gosier, que s’est tenu ce samedi matin le coup d’envoi d’une mission de cinq jours de l’Agence française anticorruption (AFA) en Guadeloupe. Autour de la table : Isabelle Jégouzo, directrice de l’AFA, Thierry Devimeux, préfet de la région Guadeloupe, Philippe Miziniak, directeur territorial de la police nationale, Olivier Fouque, directeur régional des douanes, et Alain Bievre, président du directoire de la Société aéroportuaire Guadeloupe Pôle Caraïbes.
Cette première séquence était consacrée aux liens entre corruption et criminalité organisée, avec un focus particulier sur l’environnement aéroportuaire de Maryse-Condé. Les jours suivants, l’AFA doit successivement rencontrer les cadres du Grand Port maritime, les agents de l’État, les élus et agents territoriaux, ainsi que des dirigeants d’entreprises locales.
La pression du narcotrafic constitue le fil rouge de cette mobilisation. Le préfet Thierry Devimeux a alerté sur les manœuvres de grands réseaux de trafiquants qui cherchent à faire de la Guadeloupe une plateforme d’acheminement de cocaïne vers l’Europe. Ces réseaux recourent à des méthodes variées pour tenter de corrompre des agents ou des cadres : argent, cadeaux, pression psychologique ou menaces directes.
Pour Philippe Miziniak, la réponse opérationnelle s’impose : « Il nous oblige probablement à resserrer nos actions, mieux les coordonner », a-t-il déclaré. Une coordination renforcée entre police, douanes et gestionnaires des infrastructures stratégiques que l’AFA entend précisément structurer au cours de cette mission.
Isabelle Jégouzo a rappelé la philosophie de l’agence : la prévention avant la sanction. Il s’agit d’identifier les risques en amont, de poser des règles claires, de renforcer les contrôles internes et de garantir aux agents des canaux sécurisés pour faire remonter les alertes. « Quand il y a de la corruption, ce n’est pas le meilleur qui gagne, c’est celui qui a payé », a-t-elle souligné, résumant ainsi l’enjeu pour l’intégrité des institutions et la compétitivité loyale des acteurs économiques du territoire.


