Le syndicat Force Ouvrière du SDIS de Guadeloupe tire la sonnette d’alarme sur la situation des sapeurs-pompiers du territoire. Selon l’organisation syndicale, le service départemental d’incendie et de secours fonctionnerait aujourd’hui avec des moyens insuffisants, conséquence d’un financement jugé trop faible de la part du Conseil départemental.
Les représentants syndicaux affirment que les difficultés concernent à la fois les moyens humains, les équipements et les ressources financières. Ils s’appuient notamment sur un rapport du directeur du SDIS-971 qui évoque un budget « en décalage » avec l’activité réelle du service et avec les risques spécifiques auxquels est exposée la Guadeloupe, territoire à la fois archipélagique et soumis à une forte activité sismique.
Selon Force Ouvrière, la contribution du Département représenterait actuellement environ 3,6 % de son budget de fonctionnement, alors que l’Inspection générale de l’administration recommande un minimum de 5 %. Ce différentiel représenterait plusieurs millions d’euros manquants chaque année, contribuant à un déficit qui atteignait déjà un million d’euros en 2024.
Des moyens matériels et humains jugés insuffisants
Le syndicat affirme que cette situation se traduit concrètement sur le terrain par un fonctionnement dégradé. Une partie importante du matériel serait aujourd’hui indisponible, avec près d’un véhicule sur deux hors service et l’ensemble des moyens nautiques inopérants. L’archipel ne disposerait par ailleurs d’aucune échelle aérienne opérationnelle.
Les infrastructures poseraient également problème. Certaines casernes seraient installées dans des bâtiments jugés inadaptés ou ne répondant pas aux normes antisismiques. À cela s’ajouterait un manque d’effectifs important, avec plus d’une centaine de postes vacants qui ne seraient pas budgétés.
Les représentants syndicaux évoquent également des carrières bloquées, des salaires stagnants et un accès insuffisant à la formation pour les personnels.
Un désaccord avec le Conseil départemental
Face à cette situation, FO demande au Département de revoir à la hausse sa participation financière au SDIS et de porter le budget annuel à environ 40 millions d’euros, contre 29 millions actuellement. Le syndicat réclame également la mise en place d’un plan pluriannuel d’investissement afin de moderniser les équipements et renforcer les capacités d’intervention.
De son côté, le président du Conseil départemental, Guy Losbar, a rejeté les accusations dans un communiqué. Il estime que la polémique intervient dans un contexte politique sensible et rappelle que la collectivité a augmenté sa contribution de sept millions d’euros depuis 2021.
L’exécutif départemental reconnaît toutefois l’existence de défis structurels pour le service de secours. Un plan d’investissement serait déjà en préparation afin de moderniser les équipements et renforcer la sécurité des interventions sur le long terme.
L’enjeu est particulièrement important pour la Guadeloupe, où l’activité des pompiers dépasse de plus de 40 % la moyenne nationale, en raison des risques naturels et de la configuration géographique de l’archipel.




