En Guadeloupe, seuls 2% des habitants donnent leur sang. Un chiffre très insuffisant, alors même que la diversité des groupes sanguins y est particulièrement forte et que certains “sangs rares” y sont plus fréquents qu’en Hexagone. Jusqu’au 7 février 2026, l’Établissement français du sang (EFS) Guadeloupe-Guyane mène donc une semaine de sensibilisation pour recruter de nouveaux donneurs et mieux répondre aux besoins spécifiques des patients du territoire.

Derrière cette campagne, une réalité sanitaire : la transfusion ne se résume pas aux groupes A, B, O et Rhésus. La science a identifié plus de 130 systèmes sanguins, dont certains sont liés à des origines génétiques particulières. Aux Antilles, certains groupes rares, comme Bombay, Diego ou YT, concernent parfois moins de quatre personnes sur mille.

Cette spécificité s’explique par l’histoire démographique et migratoire de la région, notamment l’héritage génétique africain et la richesse de la mixité locale. Une diversité précieuse… mais encore trop peu mobilisée pour la santé publique.

Une collecte trop faible, un risque pour les patients

Problème : aujourd’hui, seulement la moitié des dons réalisés en Guadeloupe provient de donneurs autochtones. Or, pour de nombreux patients antillais, notamment ceux souffrant de maladies chroniques nécessitant des transfusions régulières, la compatibilité sanguine est un enjeu majeur. Sans donneurs issus du même bassin de population, il devient plus difficile de fournir des produits sanguins adaptés, mieux tolérés et plus sûrs.

La campagne de l’EFS vise donc un objectif simple : élargir le nombre et la diversité des donneurs, en particulier parmi ceux qui n’ont jamais donné.

L’établissement rappelle également que l’identification d’un sang rare se fait souvent de manière inattendue, lors d’un don, d’un bilan médical ou d’un suivi de grossesse. D’où l’intérêt, pour chacun, de donner au moins une fois dans sa vie.

Une mission de santé publique, au service de l’égalité des soins

L’EFS insiste sur son rôle central dans le système de santé français : collecte, analyses biologiques, préparation des produits sanguins, distribution aux hôpitaux, recherche. Cette chaîne ne tient que grâce à un engagement citoyen.

En Outre-mer, où les contraintes logistiques sont plus fortes et les besoins souvent plus tendus, la question du don du sang n’est pas un sujet secondaire : c’est une condition concrète de l’égalité d’accès aux soins, sur un territoire français à part entière.

Cette semaine de sensibilisation veut donc transformer une évidence en acte : en Guadeloupe, la diversité n’est pas seulement culturelle, elle est aussi biologique, et elle peut sauver des vies.

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