La Guadeloupe franchit une nouvelle étape dans le renforcement de la souveraineté française aux Antilles. Le 15 janvier, le contre-amiral Jean-Baptiste Soubrier a officiellement installé le commandement de l’Escouade de Réserve Côtière (ERC) Antilles à Pointe-à-Pitre. Cette nouvelle unité de la Marine nationale illustre la volonté de l’État d’adapter son dispositif militaire aux réalités géographiques et sécuritaires de l’arc caribéen.
Implantée au cœur du pôle maritime étatique de Pointe-à-Pitre, inauguré en 2025, l’ERC Antilles s’inscrit dans une logique de coordination renforcée entre les services de l’État : Marine nationale, gendarmerie maritime, douanes et direction de la mer. Son rôle est clair : assurer des missions de surveillance, de prévention, de renseignement et de présence opérationnelle sur un espace maritime exposé aux trafics, à l’immigration clandestine et aux risques transnationaux. Une antenne est également déployée à Fort-de-France, garantissant une couverture cohérente de l’ensemble du bassin antillais.
Composée exclusivement de marins réservistes, l’escouade réunit d’anciens militaires, des civils formés et des bénévoles issus notamment de la SNSM. Ce choix traduit une montée en puissance assumée de la réserve opérationnelle, pilier d’une défense moderne et réactive. L’ERC Antilles dispose d’une embarcation semi-rigide lui permettant d’intervenir rapidement dans la zone côtière, jusqu’à six milles nautiques des côtes.
Cette création s’inscrit dans le plan national de renforcement de la réserve de la Marine annoncé en 2025, avec sept nouvelles escouades déployées sur le territoire national et ultramarin. Loin des discours de désengagement de l’État, cette initiative démontre que la République investit durablement dans la protection de ses frontières maritimes et dans la sécurité des Outre-mer, pleinement intégrés à la stratégie de défense nationale.
Dans un contexte régional instable, la présence accrue des forces armées en Guadeloupe rappelle une évidence souvent contestée par certains : la sécurité, la souveraineté et l’action de l’État en mer sont des garanties essentielles pour le développement et la stabilité des territoires ultramarins.




