La Guadeloupe est engagée dans une lutte jusqu’au bout contre une plante jugée dangereuse pour la biodiversité locale. Depuis 2020, l’espèce exotique envahissante Miconia calvescens fait l’objet d’opérations d’élimination pilotées par l’État, avec l’Office national des forêts en première ligne, sous le cadrage de la DEAL. Objectif affiché : éradiquer totalement l’espèce du territoire.
Deux foyers actifs, des milliers de plants déjà détruits
Les services de l’État rappellent que le miconia fait partie des 100 espèces les plus envahissantes au monde selon l’UICN et que sa présence vivante est interdite en Guadeloupe par un arrêté ministériel du 9 août 2019. Sur le terrain, deux foyers principaux sont identifiés. À Saint Claude, plus de 6 370 spécimens ont déjà été éliminés en six ans, dont plus de 310 arbres adultes. À Gourbeyre, où l’espèce a été détectée en mai 2025, plus de 1 000 spécimens ont été détruits, dont 134 arbres adultes.
L’éradication est compliquée par la persistance de graines stockées dans le sol, qui alimentent des repousses régulières. L’ONF prévoit donc de nouvelles opérations d’arrachage et de destruction à Saint Claude et Gourbeyre en janvier, février, mai et juin 2026, avec une logique de pression constante pour empêcher toute réinstallation.
La préfecture et la DEAL demandent aux habitants d’ouvrir l’œil, y compris dans les jardins. En cas d’observation, il est demandé de remplir les fiches d’aide à l’identification et de signalement disponibles sur le site de la DEAL, puis de les envoyer par mail à eee971@developpement-durable.gouv.fr.
Attention toutefois à ne pas se tromper de cible. Le miconia ne doit pas être confondu avec les crécrés, plantes indigènes communes. Le Miconia calvescens se repère par ses grandes feuilles lancéolées, veloutées, vert foncé, avec des nervures blanches sur le dessus et un dessous violet cardinal. Le message des autorités est clair : une espèce envahissante, ce n’est pas un détail botanique, c’est un risque direct pour les milieux naturels, et chaque signalement peut faire la différence.




