Le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus, devra prochainement répondre devant la Cour des comptes de soupçons d’irrégularités dans la gestion du Mémorial ACTe, dans un contexte déjà fragilisé par ses précédents démêlés judiciaires.
Selon plusieurs éléments révélés, la procédure vise à examiner d’éventuelles fautes de gestion liées à l’utilisation de fonds publics au sein de cet équipement emblématique dédié à la mémoire de l’esclavage. En tant que président du conseil d’administration de l’établissement, Ary Chalus est directement concerné, aux côtés de deux anciennes responsables administratives.
Des dérives financières préoccupantes
Au cœur du dossier, des pratiques jugées particulièrement contestables par les magistrats financiers. Onze salariés auraient ainsi continué à percevoir leur rémunération pendant près de deux ans sans exercer leur activité, malgré une remise en cause de leur droit de retrait par la médecine du travail. Le montant total de ces versements est estimé à plus de 600 000 euros.
D’autres anomalies viennent alourdir le dossier, notamment l’octroi d’augmentations salariales à ces mêmes agents en situation d’inactivité prolongée. À cela s’ajoute un manque à gagner significatif pour l’établissement, lié à l’absence de paiement de loyers par un exploitant privé entre 2019 et 2022, pour un préjudice dépassant les 130 000 euros.
Une exigence de rigueur dans l’utilisation de l’argent public
Ce nouvel épisode relance la question de la gestion des fonds publics dans les Outre-mer, où les marges budgétaires sont limitées et les attentes des populations particulièrement fortes. Dans un territoire confronté à des défis économiques majeurs, la transparence et la rigueur doivent être des principes non négociables.
L’audience devant la chambre du contentieux de la Cour des comptes devra permettre d’établir les responsabilités. À ce stade, aucune date n’a encore été fixée. Mais une chose est certaine : cette affaire s’inscrit dans un contexte où l’exigence d’exemplarité des responsables publics ne peut plus être reléguée au second plan.



