En Guadeloupe, près de 15 % des véhicules terminent leur vie abandonnés dans la nature. Un fléau environnemental qui défigure les paysages et menace les sols. À Terre-de-Haut, aux Saintes, la municipalité a décidé d’agir concrètement en procédant à l’évacuation de 25 véhicules hors d’usage le 20 janvier dernier.

Une filière structurée pour protéger l’environnement

Carcasses rouillées en bord de route, épaves cachées dans les ravines ou laissées sur des terrains privés, ces véhicules contiennent des hydrocarbures, batteries et fluides susceptibles de polluer durablement les nappes phréatiques. Dans un territoire insulaire fragile, l’enjeu dépasse la simple question esthétique.

L’opération menée à Terre-de-Haut a mobilisé la police municipale, une association locale et l’éco-organisme agréé Recycler Mon Véhicule. Les épaves ont été transférées vers la Guadeloupe continentale pour être prises en charge dans un centre de traitement agréé, conformément à la réglementation.

Depuis 2018, l’État et les collectivités d’Outre-mer ont renforcé la structuration de la filière des véhicules hors d’usage. Les communes peuvent faire appel à un éco-organisme pour enlever les épaves, tandis que les particuliers peuvent bénéficier d’une « prime au retour » s’ils engagent volontairement la procédure réglementée.

Agréé par l’État depuis 2024, Recycler Mon Véhicule affirme avoir retiré plus de 2 100 voitures abandonnées en 2024 sur le territoire guadeloupéen.

Dans un archipel où la préservation des paysages conditionne aussi l’attractivité touristique et la qualité de vie, l’exemple de Terre-de-Haut démontre qu’une action coordonnée peut produire des résultats tangibles. Reste désormais à amplifier ces initiatives pour réduire durablement le nombre d’épaves qui ternissent l’environnement guadeloupéen.

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