Le meurtre d’Anthony Sarazin, 18 ans, abattu par balle dimanche soir à Pointe-à-Pitre alors que la ville célébrait le carnaval, a provoqué une réaction ferme du procureur général de Guadeloupe. Pour Éric Maurel, ce drame n’est pas un fait divers isolé mais le symptôme d’un mal plus profond : l’installation d’une violence armée qui gangrène la société guadeloupéenne, jusque dans ses moments de fête les plus emblématiques.

Face à cette dérive, le procureur l’affirme sans détour : la réponse judiciaire, même renforcée, ne suffira pas. La multiplication des armes, la banalisation des règlements de comptes et l’effondrement de certains repères collectifs dépassent le seul cadre pénal. La première victime, selon lui, n’est pas seulement le jeune homme assassiné, mais l’ensemble de la société, qui voit sa jeunesse exposée à une spirale mortifère.

Cet appel à un « sursaut collectif » vise clairement à sortir du confort des discours incantatoires. Il interpelle les familles, les éducateurs, les élus, mais aussi une partie de l’opinion qui s’habitue trop facilement à l’inacceptable. Être tué d’une balle dans la tête lors d’un événement culturel majeur ne peut devenir une fatalité locale ni un bruit de fond médiatique.

Au-delà de l’émotion légitime, ce drame rappelle une évidence trop souvent éludée : la sécurité, l’ordre public et la protection de la jeunesse sont des piliers de la République, y compris et surtout en Outre-mer. Défendre la culture et la fête n’a de sens que si elles s’inscrivent dans un cadre où la loi s’impose à tous. Refuser la violence, ce n’est pas stigmatiser, c’est assumer collectivement que la Guadeloupe mérite mieux que la peur et le silence.

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