À peine inauguré, le nouveau centre de santé d’Apatou pourrait rapidement se retrouver privé de son unique médecin. Faute de remplaçant annoncé, cette commune isolée de l’ouest de la Guyane risque de voir son accès aux soins de proximité fortement perturbé, obligeant une partie de la population à se rendre à Saint-Laurent-du-Maroni pour consulter.

Installé depuis moins d’un mois dans des locaux modernes, le nouveau dispensaire devait améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge des patients. Le bâtiment remplace les anciennes installations situées en bord de fleuve et offre des équipements adaptés aux besoins du territoire.

Cependant, cette modernisation intervient dans un contexte de pénurie persistante de professionnels de santé. Le docteur Gaspard Carbonier, actuellement seul médecin en poste à Apatou, s’apprête à quitter ses fonctions dans les prochains jours sans qu’un successeur n’ait été trouvé.

Une pénurie qui fragilise l’accès aux soins

L’absence de médecin aura des conséquences immédiates pour les habitants. Les consultations, les vaccinations, le suivi des maladies chroniques ou encore le renouvellement des prescriptions médicales deviendront particulièrement difficiles, dans une commune où l’accès aux soins repose largement sur ce centre de santé. Faute de prise en charge sur place, les patients devront se rendre à Saint-Laurent-du-Maroni, impliquant des déplacements plus longs et plus coûteux pour une population déjà confrontée à l’éloignement géographique.

Le responsable des Centres délocalisés de prévention et de soins de Guyane, le docteur Cyril Rousseau, indique que cette situation s’inscrit dans une pénurie plus large touchant plusieurs communes de l’intérieur. Il lance un appel au recrutement de médecins remplaçants pour Apatou, mais également pour Camopi, Grand-Santi et Papaïchton, où plusieurs postes doivent être pourvus au cours des mois d’août et de septembre. Cette nouvelle difficulté met en évidence les défis auxquels demeure confronté le système de santé en Guyane. Si les investissements dans les infrastructures permettent d’améliorer les conditions d’accueil, la continuité des soins dépend avant tout de la capacité à attirer et à maintenir durablement des professionnels de santé dans les territoires les plus isolés.

Privacy Preference Center