La Guyane a perdu l’une de ses figures les plus respectées. Jean Ganty, ancien maire de Rémire-Montjoly et cardiologue reconnu, s’est éteint à l’âge de 81 ans. Depuis l’annonce de sa disparition, la classe politique, le monde associatif et de nombreux Guyanais rendent hommage à un homme dont le parcours incarne une certaine idée du service public : exigeante, apaisée et profondément républicaine.
Né à Cayenne, Jean Ganty a consacré sa vie à deux vocations complémentaires : soigner et servir. Médecin cardiologue, il n’a jamais rompu le lien avec ses patients, y compris lorsqu’il exerçait les plus hautes responsabilités municipales. Engagé de longue date dans la vie publique, il accède à la mairie de Rémire-Montjoly en 2008 après avoir longtemps été premier adjoint. Réélu en 2014, il dirige la commune avec une méthode faite de rigueur, de dialogue et de discrétion, loin des postures politiciennes et des clivages stériles.
Cette retenue, parfois mal comprise, était en réalité le reflet d’une conception exigeante de l’action publique : agir plutôt que s’exposer, construire plutôt que diviser. Ses anciens collaborateurs saluent un élu à l’écoute, attaché à l’éducation, à la cohésion sociale et à la continuité du service public, dans un territoire confronté à de lourds défis démographiques et sociaux.
Au-delà de la politique, Jean Ganty a également marqué la vie associative, notamment sportive, en présidant la Ligue de tennis de Guyane pendant une décennie. Là encore, il aura œuvré avec constance pour structurer, transmettre et valoriser les talents locaux, convaincu que l’engagement collectif est un pilier du développement du territoire.
Dans une Guyane souvent traversée par les tensions identitaires et les discours de rupture, la trajectoire de Jean Ganty rappelle qu’il existe une autre voie : celle d’un ancrage local fort, pleinement assumé dans le cadre de la République. Son héritage dépasse Rémire-Montjoly : il appartient désormais à toute la Guyane, et, au-delà, à cette France d’Outre-mer qu’il a servie avec loyauté, sobriété et sens de l’État.




