La Guyane perd l’une de ses figures culturelles les plus marquantes. Régis Nogara est décédé à l’âge de 77 ans, suscitant une vive émotion parmi les artistes et les passionnés de musique. Né en Algérie, il s’était installé en Guyane dans sa vingtaine et y avait consacré une grande partie de sa vie à défendre et faire vivre la production locale.
Un passeur de talents respecté et reconnu
Disquaire passionné, il était à la tête de la boutique Musique Music, un lieu devenu au fil des années bien plus qu’un commerce. Avant sa fermeture en 2013, l’enseigne s’était imposée comme un point de rencontre, un carrefour de conseils, de découvertes et de transmission, où se croisaient amateurs, musiciens, producteurs et jeunes talents.
À l’annonce de son décès, les hommages ont afflué. Rémy Aubert a dit sa peine en parlant d’un « père spirituel » qui l’a guidé « toute sa vie », autant sur le plan sportif que musical. Victor Clet, lui, a rappelé un engagement concret, parfois discret mais décisif : Régis Nogara l’a aidé pour ses albums, lui a ouvert des portes, soutenu ses projets et en a même financé. Selon lui, il a accompagné de nombreux artistes guyanais jusqu’au bout de leurs démarches, notamment ceux qui n’avaient pas les moyens de produire ou de diffuser leur travail.
Parmi les gestes qui illustrent cette fidélité, Victor Clet évoque un épisode resté gravé : à la fermeture du magasin, Régis Nogara l’avait appelé pour qu’il récupère des albums invendus que le disquaire avait achetés, un signe de respect pour l’artiste et de loyauté envers la musique guyanaise.
Un temps de rassemblement est prévu à partir du lundi 19 janvier 2026 pour célébrer l’héritage humain et musical laissé par Régis Nogara. Une messe aura lieu le même jour à 18 heures à l’église de la Sainte Famille, cité Grant, à Cayenne.




