L’imam Eli Mertodikromo est décédé le 14 janvier à l’âge de 74 ans, entouré de sa famille. Figure reconnue de la communauté musulmane de l’Ouest guyanais, il fut l’un des cofondateurs de la première mosquée de Guyane, édifiée à Mana. Son décès suscite une vive émotion parmi les fidèles et les habitants de la région.
Connu sous le surnom affectueux de « Papi Eli », Eli Mertodikromo s’est éteint après une longue maladie. Pionnier de l’islam organisé en Guyane, il a joué un rôle central dans la création de la mosquée An Nour à Mana, il y a vingt-sept ans. Cet édifice, premier du genre sur le territoire, a longtemps constitué un point de repère spirituel pour les fidèles musulmans de l’Ouest guyanais.
Un engagement religieux et communautaire ancré localement
Homme de foi décrit comme discret et constant, Eli Mertodikromo s’est investi durant des années dans la vie de la mosquée et l’accompagnement des fidèles. Son action s’est inscrite dans un cadre local, au service d’une communauté en construction, avec une attention particulière portée à l’accueil et à la transmission. Les musulmans de passage en Guyane trouvaient auprès de lui une écoute et un soutien, dans un esprit d’hospitalité largement reconnu.
D’origine javanaise du Suriname, il a également pris part à la vie économique du territoire. Ancien agriculteur puis marchand ambulant, il a contribué, à son échelle, à l’activité locale avant de prendre sa retraite. Cette période a été marquée par une autre facette de sa personnalité : le goût du partage, notamment à travers la cuisine, qu’il pratiquait pour ses proches et ses voisins.
Un héritage moral salué au-delà de Mana
Pour sa famille, l’héritage laissé par Eli Mertodikromo repose avant tout sur des valeurs de respect, de rigueur et d’éducation. Un socle moral transmis au quotidien, aussi bien dans la sphère privée que dans son engagement religieux. Plusieurs responsables spirituels ont salué son rôle fondateur et sa constance, soulignant l’impact durable de son action sur plusieurs générations de fidèles.
Des délégations venues de Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni, Mana et du Suriname ont fait le déplacement pour lui rendre un dernier hommage, témoignant de l’empreinte qu’il a laissée au-delà de sa commune. Eli Mertodikromo a été inhumé le samedi 17 janvier au cimetière de Mana, là même où s’est enraciné l’essentiel de son engagement.
Dans une Guyane plurielle, son parcours rappelle l’importance de cadres religieux structurés, inscrits dans le respect des lois de la République et de l’ordre public, et ancrés dans la vie locale. Un itinéraire personnel marqué par la foi, la transmission et le service, dans un territoire français en quête de stabilité et de cohésion.




