Première femme guyanaise à devenir ingénieure au sein de la police scientifique, Hélène Palton a marqué durablement l’histoire de la police technique et scientifique en Guyane. À 63 ans, aujourd’hui retraitée, elle laisse derrière elle un parcours exemplaire et une génération de jeunes professionnelles qu’elle a contribué à former.

Originaire de Saint-Laurent-du-Maroni et issue d’une famille nombreuse, Hélène Palton n’était pas destinée au départ à une carrière dans la police. Après avoir travaillé comme technicienne de laboratoire, notamment à l’Institut Pasteur et à l’hôpital Franck-Joly, elle décide de passer un concours administratif à la suite d’un drame familial qui bouleverse sa vie.

Cette décision la conduit à intégrer la police nationale. Au fil des années, sa détermination et ses compétences scientifiques lui permettent d’évoluer vers la police technique et scientifique. Elle y devient technicienne en chef après avoir réussi un concours exigeant.

Une pionnière qui a ouvert la voie

Affectée d’abord à Amiens, dans l’Hexagone, Hélène Palton doit affronter des débuts difficiles. Elle se retrouve à la tête d’un service jusque-là dirigé par un homme, ce qui suscite des réticences dans son équipe. Mais elle s’impose progressivement par son travail et sa rigueur.

En 2007, la création d’un poste en Guyane lui permet de revenir sur son territoire d’origine. Là encore, elle doit faire face à des doutes et à des résistances. Malgré ces obstacles, elle poursuit sa carrière et finit par devenir ingénieure au sein de la police scientifique, dirigeant le service local de la police technique et scientifique.

Son parcours a servi d’exemple à plusieurs jeunes Guyanaises. Parmi elles, Telciane Bourdon, aujourd’hui technicienne au sein de la section criminalistique, qui affirme avoir été encouragée par Hélène Palton à s’engager dans ce métier.

Cyriel Colombine, devenue technicienne principale et cheffe adjointe du service, évoque également l’influence déterminante de celle qui lui a transmis les bases du métier et la confiance nécessaire pour évoluer dans un domaine exigeant.

Un métier exigeant au service de la justice

La police scientifique joue un rôle essentiel dans les enquêtes judiciaires. Les techniciens sont confrontés à des scènes de crime parfois particulièrement difficiles et doivent conserver un sang-froid absolu pour collecter les indices.

Hélène Palton se souvient notamment d’une affaire marquante impliquant une victime de violences graves. L’analyse d’un simple fragment de matière biologique avait permis d’identifier l’auteur grâce à l’ADN. Pour elle, ces moments rappellent l’utilité concrète du travail scientifique dans la lutte contre la criminalité.

Aujourd’hui, les femmes représentent plus de 60 % des effectifs dans la police scientifique. Mais la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale reste un défi pour beaucoup d’entre elles.

En transmettant son expérience et en accompagnant de jeunes recrues, Hélène Palton a contribué à bâtir une nouvelle génération de spécialistes. Son parcours illustre la place que peuvent prendre les talents ultramarins au sein des institutions républicaines, lorsqu’ils sont portés par la détermination, le travail et l’esprit de service.

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