Mardi 10 mars, en Guyane, l’écran n’a pas protégé grand monde. Trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans une opération pilotée par le parquet de Cayenne contre la pédopornographie en ligne visant les mineurs. C’est sec, net, sans folklore: quand il s’agit d’enfants, la République n’a pas à trembler ni à s’excuser d’agir.

Cette fois, la procureure Aline Cléro a posé un cadre clair. À l’issue des gardes à vue, deux mis en cause ont été déférés en vue d’une convocation par procès-verbal devant le tribunal correctionnel. En attendant, contrôle judiciaire, interdiction de contact avec des mineurs et interdiction de connexion numérique, histoire de couper court à la tentation de recommencer derrière un clavier, ce refuge des lâches.

Au coeur de l’opération, un outil et une équipe. La nouvelle antenne locale de l’Office mineurs (OFMIN), rattachée au commissariat de Cayenne, a mobilisé cinq officiers de police judiciaire, épaulés par deux cyber-experts venus de Guadeloupe. Les enquêteurs ont utilisé «un logiciel dédié permettant de détecter des comportements suspects en ligne». Traduction: le numérique n’est plus une zone franche, et c’est une excellente nouvelle.

Un logiciel, cinq policiers, deux cyber-experts: l’Etat reprend la main

Romy Laguens, cheffe du service territorial de la police judiciaire de Guyane, le dit sans détour: cette antenne spécialisée donne «une compétence nationale» aux enquêteurs et la capacité d’agir sur l’ensemble du territoire guyanais et au-delà. C’est exactement ce qu’on attend d’un Etat sérieux: des moyens, de la technique, de la coordination. Pas des slogans, pas des ateliers de communication, pas l’éternel réflexe de certains milieux de gauche qui bavardent sur les «causes» pendant que les victimes, elles, comptent les dégâts.

On ne le répétera jamais assez: la protection des mineurs n’est pas un sujet pour tribunes tièdes ou postures idéologiques. Elle exige des actes, une chaîne pénale qui tient debout, une police formée, un parquet qui assume et des juges qui suivent, sans s’égarer dans la culture de l’excuse. La Guyane, territoire français, mérite cette fermeté là, la même que partout sur la carte, sans exception ni angle mort.

Reste maintenant le temps judiciaire, celui qui doit aller au bout, proprement, fermement, avec les garanties de la procédure et la détermination de la sanction quand les faits sont établis. L’OFMIN s’installe, les outils montent en puissance, la traque se modernise: pour les prédateurs, l’époque du confort numérique se referme peu à peu, et c’est tout un rapport de force qui commence à changer.

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