Le drame survenu sur le fleuve Maroni, face à Grand-Santi, s’alourdit. La préfecture de Guyane annonce qu’un corps a été retrouvé sans vie à proximité du lieu du naufrage. Il s’agirait de l’un des quatre enseignants portés disparus après le chavirage d’une pirogue samedi 31 janvier au matin. Trois personnes restent activement recherchées.

Selon les services de l’État, des investigations complémentaires doivent encore être menées afin d’identifier formellement la victime retrouvée.

Les opérations de recherche, interrompues samedi soir à la tombée de la nuit, ont repris dimanche dès l’aube. L’enjeu est désormais vital : retrouver les trois disparus le plus rapidement possible, dans une zone où les conditions fluviales peuvent compliquer les interventions.

Un dispositif de secours massif déployé

La préfecture fait état d’une mobilisation exceptionnelle : une quarantaine de gendarmes, de pompiers et de militaires des Forces armées en Guyane (FAG), dont des plongeurs spécialisés, sont engagés sur le terrain.

En appui, une quinzaine de pirogues et plusieurs moyens aériens participent aux recherches, notamment les hélicoptères de la sécurité civile, de la gendarmerie et des forces armées. La situation est suivie par le centre opérationnel zonal de la préfecture.

Pour rappel, trois personnes avaient pu être secourues après l’accident, dont le piroguier. Elles ont été prises en charge par le centre de prévention et de soins de Grand-Santi.

Prise en charge psychologique des proches et une enquête en cours, la question des gilets de sauvetage posée

Face à la violence de ce drame, une cellule d’urgence médico-psychologique a été déployée par l’Agence régionale de santé. Une prise en charge des proches est assurée depuis samedi soir, dans un contexte d’angoisse extrême pour les familles et la communauté éducative.

Les circonstances exactes du chavirage restent à établir. L’accident s’est produit juste en face du bourg de Grand-Santi. D’après des informations locales, les personnes à bord revenaient d’une soirée de l’autre côté du fleuve. Le secteur ne comporte pas de “saut” à cet endroit précis, ce qui renforce les interrogations.

Le maire de Grand-Santi, Félix Dada, évoque une panne moteur : la pirogue aurait commencé à prendre l’eau, l’infiltration se serait accentuée, avant que l’embarcation ne coule.

La procureure de la République confirme que “le contexte de l’accident reste à préciser”, notamment sur deux points clés : les causes exactes et la présence (ou non) de gilets de sauvetage.

Car depuis le 1er janvier, un arrêté préfectoral impose le port du gilet de sauvetage sur l’ensemble des fleuves et criques de Guyane. Mais sur le terrain, l’application stricte de cette obligation reste un défi majeur.

Ce drame rappelle une réalité brutale : sur les fleuves guyanais, la pirogue est un moyen de transport vital… mais encore trop souvent un transport à haut risque, faute de sécurité pleinement respectée et contrôlée.

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