De nouveaux dépassements des seuils réglementaires de trihalométhanes ont été constatés sur les réseaux d’eau potable de Saint-Jean, à Saint-Laurent du Maroni, et de Sinnamary. Les analyses réalisées à la mi-février par l’Agence régionale de santé de Guyane confirment une situation préoccupante, déjà signalée à plusieurs reprises l’an dernier.
Les contrôles ont mis en évidence des concentrations supérieures à la limite autorisée pour ces composés issus du traitement de l’eau. Les trihalométhanes se forment lorsque le chlore utilisé pour la désinfection réagit avec des matières organiques présentes dans l’eau. Classés comme potentiellement cancérigènes pour l’homme, ils sont strictement encadrés par la réglementation sanitaire.
Aussitôt informées, les communes concernées, responsables de la qualité de l’eau distribuée, ainsi que leur délégataire, la Société guyanaise des eaux, ont été appelées à agir sans délai. L’ARS exige la mise en œuvre rapide de mesures correctives pour revenir sous les seuils autorisés. Parmi les solutions avancées figurent des opérations de purge du réseau dans les zones où l’eau circule peu, ainsi qu’un ajustement du dosage en chlore au niveau des installations de production.
Une situation qui ne peut plus être banalisée
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série de dépassements relevés en 2025 pour le même paramètre. L’an dernier déjà, la répétition de ces anomalies avait suscité de vives réactions politiques et institutionnelles en Guyane. L’agence sanitaire s’était alors défendue en estimant que la gravité de la situation ne justifiait pas d’alerte généralisée auprès de la population.
Cette ligne ne peut plus tenir. L’accès à une eau conforme aux normes est un droit fondamental et une exigence républicaine. En Guyane comme ailleurs, les Français doivent pouvoir ouvrir leur robinet sans douter de la qualité sanitaire de ce qu’ils consomment. Il appartient aux collectivités locales, à leur délégataire et à l’État de garantir un suivi rigoureux, une transparence totale et des investissements adaptés pour moderniser les réseaux.
Dans un territoire confronté à de lourds défis structurels, la stabilité institutionnelle et l’autorité publique sont essentielles. La question de l’eau potable ne doit pas devenir un terrain d’agitation politicienne ou d’exploitation idéologique. Elle appelle des réponses techniques solides, un pilotage exigeant et une mobilisation durable au service des habitants.




