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Un nouveau seuil de gravité a été franchi dans le sport martiniquais. Samedi 10 janvier, à l’issue d’une rencontre de handball entre Sainte-Anne et Rivière-Pilote, un arbitre a été physiquement agressé par un joueur exclu du match. Un acte inacceptable qui pose une nouvelle fois la question de l’autorité, du respect des règles et de la sécurité dans les compétitions sportives.

La scène s’est produite après le coup de sifflet final. Frédéric Basinc, arbitre officiel de la rencontre, a été pris à partie par un joueur de l’équipe senior de Sainte-Anne, exclu définitivement en seconde période pour comportement antisportif. Selon le témoignage de l’arbitre, l’individu est revenu sur le terrain, l’a percuté à plusieurs reprises avant de lui asséner deux coups de poing à la tête.

L’agression a nécessité un arrêt de travail temporaire pour l’arbitre, encore sous le choc. Celui-ci s’interroge désormais sur la poursuite de sa saison, illustrant le climat de pression et d’insécurité auquel sont confrontés les officiels, pourtant garants du bon déroulement des compétitions.

L’autorité sportive mise à l’épreuve

L’auteur des faits n’est pas un simple joueur. Il occupe également des fonctions de cadre technique auprès des jeunes du club, ce qui rend l’affaire encore plus grave. Ce type de comportement, venant d’un adulte censé transmettre des valeurs éducatives, jette une ombre lourde sur la responsabilité des clubs et de leurs dirigeants.

La Ligue de handball de Martinique a condamné fermement l’agression. Pour autant, aucune suspension générale des compétitions n’a été décidée. Le président de la commission territoriale d’arbitrage a estimé qu’un arrêt des rencontres ne ferait que déplacer le problème, préférant maintenir les compétitions afin de préserver la continuité sportive et affirmer la présence des arbitres sur les terrains.

Des actions de prévention sont annoncées auprès des clubs dès le week-end suivant. Reste que cette affaire révèle une dérive inquiétante : banalisation de la violence, remise en cause de l’autorité et effondrement du respect des règles. Sans sanctions exemplaires et sans un rappel clair à l’ordre, le sport amateur court le risque de devenir un exutoire de tensions plutôt qu’un cadre éducatif et structurant.

Le respect de l’arbitre n’est pas négociable. Il est le fondement même de la pratique sportive et, au-delà, d’une société qui ne peut tolérer la loi du poing à la place de la règle.

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