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C’est une affaire qui choque par son cynisme autant que par son ampleur : plus de 3,2 millions d’euros auraient été détournés au sein de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), sur un budget destiné à la prestation de compensation du handicap (PCH). Plus d’un an après la découverte de ce détournement, le tribunal correctionnel de Fort-de-France jugera les mis en cause le 18 mai 2026.

Tout démarre en décembre 2024, lorsque le Conseil exécutif de la CTM dépose plainte pour détournement de fonds publics, recel, abus de confiance, faux et usage de faux. Une perquisition est menée dans les locaux de la Direction de l’Autonomie, et une agente de catégorie C est rapidement soupçonnée : elle sera suspendue puis révoquée. L’enquête, désormais bouclée après un an d’investigations, a mis en lumière un système reposant sur des falsifications de documents administratifs et d’arrêtés, qui aurait fonctionné de 2019 à 2024.

Plus grave encore, la fraude aurait impliqué l’usage frauduleux de signatures et même une usurpation d’identité d’élus et de responsables, dont Audrey Thaly-Bardol, conseillère exécutive en charge des solidarités, ainsi que son prédécesseur Francis Carole. Une mécanique inquiétante qui pose une question simple : comment une collectivité peut-elle laisser un dispositif aussi sensible être siphonné pendant des années sans verrou de contrôle efficace ?

Au-delà du scandale politique et administratif, l’essentiel est ailleurs : ces fonds n’étaient pas de “l’argent public abstrait”, mais une aide vitale pour des personnes en situation de handicap. Quand l’argent de la solidarité disparaît, ce sont des familles entières qui trinquent. Dans les Outre-mer comme partout en France, l’exigence doit être la même : tolérance zéro pour ceux qui pillent la République — surtout lorsqu’ils s’attaquent aux plus fragiles.

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