En partenariat avec les Hôtels Karibea

Le tribunal correctionnel de Fort-de-France a reconnu coupable, lundi 19 janvier, un homme de 32 ans pour l’homicide routier d’une femme de 48 ans, renversée en septembre 2025 sur la route nationale 1 au Robert. Le prévenu, qui avait pris la fuite après l’accident, a été condamné à trois ans de prison, dont une partie assortie d’un sursis probatoire.

Les faits remontent au 6 septembre 2025. En fin de journée, une piétonne est mortellement percutée alors qu’elle circulait le long de la RN1. Le conducteur ne s’arrête pas et quitte les lieux, laissant la victime sans assistance. L’enquête permettra finalement de l’identifier grâce à un signalement anonyme concernant un véhicule utilitaire fortement endommagé, appartenant à une entreprise de transport de personnes à mobilité réduite.

Une fuite aggravante et des explications contredites par l’expertise

Dans un premier temps, le prévenu a nié toute implication avant de reconnaître les faits sous la pression de son employeur. À l’audience, face aux proches de la victime, il a tenté d’expliquer l’accident par de mauvaises conditions météorologiques et une apparition soudaine de la piétonne, affirmant avoir roulé à une vitesse modérée. Il a également évoqué un moment de panique pour justifier sa fuite.

Ces déclarations ont été largement mises en doute par les conclusions de l’autopsie. Les experts ont relevé des blessures d’une extrême gravité, notamment des fractures ouvertes et de lourdes atteintes aux cervicales, incompatibles avec un choc à faible allure. Autre élément aggravant, le prévenu a reconnu avoir consommé de l’alcool le soir des faits, sans que son taux ait pu être contrôlé, puisqu’il ne s’est présenté aux autorités que trois semaines plus tard.

Une condamnation ferme face à une récidive de comportements dangereux

Le tribunal a également tenu compte du passé judiciaire du conducteur, déjà condamné pour conduite sans permis, alcool au volant et usage de stupéfiants. Les avocats des parties civiles ont souligné la gravité de son comportement, s’interrogeant sur son choix de ne pas s’arrêter ni d’alerter les secours, et dénonçant une accumulation de fautes caractérisées : vitesse inadaptée, manque de vigilance et absence totale d’anticipation.

Suivant en partie les réquisitions du parquet, la juridiction a condamné le prévenu à trois ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois avec sursis probatoire de deux ans, assortis d’un maintien en détention. Le sursis implique des obligations strictes, notamment l’indemnisation des parties civiles et une contribution financière au Trésor public. Son permis de conduire a été annulé, avec interdiction de le repasser pendant cinq ans.

Ce jugement rappelle avec force que la route n’est pas une zone de non-droit. La fuite après un accident mortel constitue une faute grave qui appelle une réponse pénale ferme. Face à la répétition des homicides routiers, seule l’application rigoureuse de la loi et la responsabilisation des conducteurs permettront de restaurer la sécurité et le respect des règles sur les routes de Martinique.

Privacy Preference Center