Devant le tribunal judiciaire de Basse-Terre, deux soignants du centre hospitalier de Capesterre-Belle-Eau comparaissent pour des faits graves de harcèlement moral, harcèlement sexuel et chantage. Un cadre supérieur de santé et un infirmier sont accusés d’avoir, sur plusieurs années, abusé de leur position hiérarchique, instaurant un climat de pression et de peur au sein de l’établissement. Selon l’accusation, plus d’une dizaine de victimes auraient subi ces agissements entre 2016 et 2024, dans un silence entretenu par la crainte de représailles professionnelles.

Par son ampleur et sa durée, le dossier est qualifié d’exceptionnel par le parquet. Il met en lumière des dérives inacceptables dans un service public essentiel, où l’autorité ne peut en aucun cas se transformer en outil de domination ou de chantage. La République repose sur l’État de droit : nul n’est au-dessus de la loi, et encore moins ceux investis d’une mission de soin et de protection des plus fragiles.

Cette affaire rappelle une exigence fondamentale : la lutte contre le harcèlement ne peut être instrumentalisée politiquement ou idéologiquement, mais elle doit être traitée avec rigueur judiciaire. C’est par la justice, et non par l’émotion ou les procès médiatiques, que les responsabilités doivent être établies, les victimes reconnues et les fautes sanctionnées.

Au-delà du cas guadeloupéen, c’est l’ensemble du service public français qui est concerné. Garantir des conditions de travail dignes, protéger les agents comme les usagers, et restaurer la confiance dans les institutions sont des impératifs nationaux. La fermeté de la réponse judiciaire est ici un signal clair : les Outre-mer, pleinement français, ne sont ni des zones de non-droit ni des territoires où l’on transige avec les principes fondamentaux de la République.

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