L’adoption en commission d’une proposition de loi visant à lever l’interdiction de recherche et d’exploitation des hydrocarbures en Outre-mer pourrait rebattre les cartes pour Saint-Pierre-et-Miquelon. Un signal politique fort, à la fois économique et géopolitique, dans un contexte où la France ne peut plus se permettre de renoncer à ses atouts stratégiques.
Mercredi 21 janvier, la commission des Affaires économiques a adopté une proposition de loi mettant fin à l’interdiction générale frappant la recherche et l’exploitation des hydrocarbures dans les territoires ultramarins. Un amendement spécifique a été validé afin d’inclure explicitement Saint-Pierre-et-Miquelon dans le dispositif, territoire jusqu’ici tenu à l’écart malgré un potentiel reconnu.
Le texte rappelle que l’espace maritime de l’archipel se situe sur le bassin sous-laurentien, une zone identifiée comme favorable à la présence d’hydrocarbures et déjà exploitée côté canadien. Un enjeu qui dépasse largement le seul cadre local et touche directement à la souveraineté énergétique et maritime de la France en Atlantique Nord.
Un levier économique pour un territoire enclavé
Si la proposition de loi est encore loin d’une adoption définitive, elle ouvre une perspective nouvelle pour Saint-Pierre-et-Miquelon, dont l’économie demeure fragile et excessivement dépendante des transferts publics. La possibilité de relancer des projets d’exploration ne constitue pas une exploitation automatique, mais elle remet en jeu la liberté d’initiative économique, à condition que des opérateurs sérieux se manifestent.
Dans un contexte de concurrence internationale accrue et de pression énergétique, refuser par principe toute exploration relève davantage de l’idéologie que de la responsabilité. Une filière encadrée, respectueuse des normes environnementales et pilotée par l’État, pourrait offrir à l’archipel des retombées économiques, des emplois qualifiés et une visibilité stratégique renforcée.
Souveraineté française et réalisme géopolitique
La question des hydrocarbures à Saint-Pierre-et-Miquelon est indissociable de celle du plateau continental et des relations avec le Canada. Alors que les voisins exploitent déjà leurs ressources au large de Terre-Neuve, la France ne peut durablement rester spectatrice dans une zone où ses intérêts sont clairement identifiés.
Ce débat illustre une réalité trop souvent occultée : les Outre-mer ne sont pas des territoires périphériques mais des points d’ancrage essentiels de la puissance française. En réouvrant ce dossier, le Parlement rappelle que la souveraineté ne se proclame pas, elle s’exerce, y compris sur le plan économique et énergétique.
Le texte doit désormais être examiné en séance publique au Sénat le 29 janvier. S’il est confirmé, il marquera un tournant pragmatique, rompant avec des interdictions dogmatiques pour redonner à la France et à ses territoires ultramarins la capacité de décider de leur avenir, dans le cadre de la République et de l’intérêt national.




