Alors qu’une proposition de loi portée par des sénateurs ultramarins vise à lever l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures en Outre-mer, le ministère de la Transition écologique oppose une fin de non-recevoir. Une position idéologique qui heurte de front les réalités économiques et stratégiques de territoires durablement fragilisés.
Le débat sur l’exploitation des hydrocarbures en Outre-mer s’invite à nouveau au Sénat. Le 29 janvier, les parlementaires examineront une proposition de loi initiée par le groupe macroniste RDPI, largement composé de sénateurs ultramarins, visant à autoriser à nouveau la recherche, l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans les territoires d’Outre-mer. Une initiative motivée par les difficultés économiques persistantes de certains territoires, au premier rang desquels la Guyane.
Mais le ministère de la Transition écologique a d’ores et déjà annoncé son opposition ferme au texte. Selon le cabinet de la ministre Monique Barbut, une telle évolution constituerait un recul des engagements environnementaux de la France. Une ligne idéologique rigide, assumée, qui s’inscrit dans la continuité de la loi dite “Hulot” de 2017, ayant mis un terme à toute exploitation d’hydrocarbures sur le territoire national, y compris ultramarin, en dehors de rares dérogations.
Développement économique sacrifié sur l’autel du dogme écologique
Pour les défenseurs du texte, cette opposition traduit une incompréhension profonde des réalités ultramarines. En Guyane notamment, territoire enclavé, confronté à une pauvreté massive et à un déficit criant d’infrastructures, la perspective de valoriser des ressources naturelles présentes dans le sous-sol est perçue comme un levier légitime de développement, de souveraineté économique et d’emplois locaux.
Le ministère de la Transition écologique préfère toutefois renvoyer ces territoires vers d’autres filières jugées plus vertueuses, comme la pêche ou la gestion forestière, sans apporter de réponse crédible à la question du financement, de la compétitivité et de l’attractivité économique. Une posture hors-sol, alors même que les pays voisins de la Guyane exploitent leurs ressources énergétiques sans complexes, renforçant leur croissance et leur autonomie stratégique.
François Patriat, président du groupe RDPI au Sénat, reconnaît lui-même anticiper un avis défavorable du gouvernement, tout en soulignant les grandes difficultés économiques auxquelles sont confrontés certains Outre-mer. Une contradiction révélatrice d’un pouvoir central qui écoute mais ne tranche jamais en faveur des territoires.
Quand l’idéologie environnementale ignore les réalités sociales et économiques des Outre-mer
En toile de fond, plusieurs ONG environnementales exercent une pression constante sur les parlementaires, qualifiant la proposition de loi de promesse trompeuse. Un discours bien rodé, mais déconnecté des enjeux sociaux, économiques et sécuritaires des Outre-mer français.
À l’heure où la France importe massivement des hydrocarbures produits à l’étranger, souvent dans des conditions environnementales et sociales bien plus contestables, refuser par principe tout débat pragmatique sur l’exploitation encadrée des ressources ultramarines relève moins de l’écologie que de l’aveuglement idéologique. Une fois encore, les Outre-mer paient le prix d’une politique pensée depuis Paris, loin des réalités du terrain.




