L’exploitation des hydrocarbures, interdite en France depuis 2017, pourrait revenir dans le débat parlementaire. Le 29 janvier, le Sénat examinera une proposition de loi portée par le sénateur de Guyane Georges Patient, qui souhaite lever l’interdiction pour les territoires d’Outre mer, en invoquant à la fois des garanties environnementales renforcées et des enjeux économiques majeurs pour des territoires confrontés au chômage de masse.

Un débat explosif entre risques écologiques et souveraineté économique

En Guyane, l’abandon des projets de forage décidés après la loi de 2017, alors que Nicolas Hulot était ministre de la Transition écologique, a laissé une trace durable. Les inquiétudes environnementales restent fortes, en particulier sur le risque de pollution maritime. Georges Patient affirme entendre ces craintes, mais estime que le contexte a changé, en soulignant l’évolution des technologies et des moyens de prévention. Il met aussi en avant une réalité géographique et stratégique : des forages existent aux portes de la Guyane, ce qui signifie, selon lui, que le territoire serait de toute façon exposé en cas d’accident régional, sans bénéficier des retombées d’une exploitation encadrée.

Le sénateur insiste donc sur un cadre strict, avec une exploitation sous contrôle et des garanties environnementales, plutôt qu’une interdiction de principe qui, selon lui, n’empêche pas les risques extérieurs mais prive les Outre mer d’un levier de développement.

L’argument économique est au cœur de sa démarche. Georges Patient cite l’exemple d’une prospection menée au Suriname par Total, évoquant des centaines d’emplois potentiels et des investissements importants. Dans un territoire où le chômage dépasse 20 % et où celui des jeunes est encore plus élevé, il présente les hydrocarbures comme un secteur capable de créer des emplois et de structurer une filière, à condition d’être maîtrisé et profitable localement.

Le texte ne concerne pas seulement la Guyane. Il vise aussi la production gazière à Mayotte et en Guadeloupe. La proposition de loi est co signée par le sénateur de Mayotte Mohamed Thani et le sénateur guadeloupéen Victorin Lurel, tous trois appelés à défendre ce projet au Sénat le 29 janvier. Le débat s’inscrit enfin dans un contexte stratégique plus large, marqué par la question des plateaux de Guyane et de la souveraineté française dans la région, sujet récemment remis sur la table au Sénat par un rapport de mission présenté le 7 janvier.

Privacy Preference Center