La justice mauricienne a examiné, ce lundi 2 février 2026, une nouvelle demande de remise en liberté conditionnelle déposée par l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, placé en détention provisoire depuis le 6 novembre 2025. Mis en cause pour blanchiment d’argent et entente délictueuse, le milliardaire tente de faire lever une mesure de détention que les autorités justifient par un risque élevé de fuite et de pressions sur l’enquête.

Interpellé le 24 octobre 2025 alors qu’il se trouvait hospitalisé depuis le 18 octobre dans une clinique privée, Mamy Ravatomanga avait d’abord été maintenu sous surveillance médicale. Cette situation a pris fin lorsque des médecins mandatés par les magistrats ont jugé son état compatible avec un placement en détention provisoire.

Depuis son incarcération, le suspect multiplie les démarches pour obtenir un assouplissement de sa situation judiciaire. Une première demande avait été rejetée le 30 décembre 2025, décision fondée sur les inquiétudes exprimées par l’accusation.

Une détention provisoire maintenue au nom de la sécurité de l’enquête

Lors du rejet de décembre, la magistrate avait retenu plusieurs éléments jugés déterminants : risque de fuite, possibilité de manipulation de témoins et danger de destruction ou d’altération de preuves. Des arguments qui devraient être repris par la Financial Crimes Commission, le bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) ainsi que par le commissaire de police chargé du dossier.

Ce lundi 2 février, les avocats du milliardaire ont plaidé pour une libération provisoire, en espérant convaincre la juridiction qu’il n’y aurait pas d’atteinte à la procédure en cours.

Un dossier lourd, des moyens considérables, et une vigilance judiciaire renforcée

Le 16 février 2026, l’accusation doit déposer ses arguments, avec une opposition attendue à la demande de liberté conditionnelle. Parmi les éléments déjà évoqués figure notamment le fait que Mamy Ravatomanga aurait quitté Madagascar en jet privé le 12 octobre 2025, ce qui alimente directement la crainte d’un départ hors de portée des autorités.

S’ajoutent à cela une capacité financière exceptionnelle, des liens avec des personnalités influentes, et surtout la présence de nombreuses enquêtes encore en cours, ce qui justifie une prudence maximale des autorités mauriciennes.

Dans une région où les flux financiers et les réseaux d’influence traversent facilement les frontières, cette affaire rappelle l’importance d’une justice ferme, indépendante et rigoureuse : face aux délits économiques, l’État de droit ne doit pas trembler, même lorsque les mis en cause disposent de moyens considérables.

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